Bon, c’est vrai, un voile de honte caresse mes paroles mais je dois bien l’avouer, il me prend fréquemment d’invoquer les services de Dieu. Attention, je ne suis pas pratiquant et encore moins croyant. Mais ce Dieu là, c’est le seul auquel j’ose (ou j’aime) parfois songer. Le tout-puissant du tennis. Je croirais sans peine à son existence. Mais voilà, il y a Murray. Et ça change tout. Comment le grand garant du beau jeu pourrait-il laisser transpercer ce Britannique, vidé de tout style, dont le fair-play laisse fortement à désirer et dont les renvois de balles incessants sans prise de risque aucune, provoque la rage de ses adversaires et dessert l’image du tennis ? Alors, Dieu est devant un carrefour. A gauche, pour la légende, il peut emprunter l’autoroute Federer. A droite, pour les heures sombres, il a la possibilité de s’engouffrer sur le sentier Murray. Oui, mon Dieu a largement gâté Roger toutes ces années. Mais ne le mérite t-il pas pour autant ? Et laisser le soin à Murray de remporter un titre du Grand Chelem reviendrait à ouvrir les vannes de l’arrogance et tirer un croix définitive sur l’esthétisme pour un circuit dont le patron absolu tient encore fermement et de façon méritoire, les rênes accrochées à sa raquette.

Tout mais pas Murray

La recette habituelle
La plastique impeccable de Maria Kirilenko ne change rien au problème. Le tennis féminin est coupable d’un manque de légitimité. Chaque tournoi qui passe creuse un peu plus le fossé. Oui, il y a des responsables : Clijsters, Hénin, les Chinoises Zheng et Li ou encore Oudin. Et il y a en a d’autres. Toutes celles-ci sont donc convoquées à la barre sur le champ. Car au final, rien ne sert d’être analyste modèle : la stabilité dans le tennis féminin se résume quasi-entièrement au nom de Williams. Dans toute cette foire, d’apparitions, de disparitions et de come-back dont même le Christ peut être jaloux, Venus et Serena constituent les seuls gages de régularité. Rares sont les sessions du Grand Chelem où les black sisters manquent à l’appel du dernier carré. Et si on enlevait les Williams ? Vous en conviendrez, c’est le grand bordel. Come back à la pelle, exploits sans lendemain et têtes de série irrégulières au possible ont ce point commun de fragiliser l’intérêt collectif pour la discipline. Disons le franchement, il est intolérable et déprimant que Clijsters débarque de nulle part et brise d’un coup d’un seul la pseudo hiérarchie. Il est pitoyable de suivre les essais infructueux de Jankovic ou Safina pour remporter un Grand Chelem. Il est consternant d’observer la pauvre Ana Ivanovic croire encore un jour pouvoir retrouver un semblant de niveau. L’Open d’Australie ne nous rassure pas. Et comment. Il vérifie la recette suivante, structure indiscutable des Grands Chelems contemporains : Williams + come-back (Hénin) + inconnues (Li, Zheng, Kirilenko) = tennis féminin sans repère.

Vous ne connaissez pas Arthur Vichot ?
Qui a dit que les Américains ne savent plus quoi inventer ? Soit les Australiens sont leurs meilleurs élèves appliqués, soit ils sont tout simplement les maîtres absolus du grand n’importe quoi. Ce doit être l’anglophonie qui veut ça. Prenez Arthur Vichot par exemple. Qui ? Arthur Vichot. Ah oui, ça ne sonne pas à la première lecture. En fait, Arthur Vichot est cycliste. Mais aujourd’hui, cet inconnu de la FDJ, dont le Tour Down Under est la première grande épreuve en carrière, est une star. Une idole. C’est possible. En Australie tout du moins. Les groupies aussies ont façonné leur champion. A leur sauce. La recette est simple, perverse (citation tirée de lequipe.fr) : « Voici la stratégie. Nous choisissons un obscur coureur européen qui participe au Tour Down Under. Quelqu’un dont personne n’a entendu parler, qui ne sera probablement pas sur le Tour de France et qui est payé au salaire minimum comme porteur de bidons pour son leader. De préférence un coureur non-anglophone. Nous allons tous faire un effort pour l’encourager comme des fous, à chaque fois que nous le verrons sur le Tour Down Under. Le coureur se demandera d’où vient le fan club. Il sera décontenancé mais ravi. » Plus clair, non ? Il faut bien l’avouer : en cyclisme, plus qu’ailleurs, les débuts de saison atteignent souvent le summum de l’emmerdement. Ne le dites pas à Vichot. A 20 ans et des poussières, le gamin est déjà trop occupé à noircir d’autographes les centaines de tee-shirts à son effigie.

On prend les deux mêmes ?
A chaque Grand Chelem ses pronostics. Analysport se penche aujourd’hui sur l’Open d’Australie 2010. Tenant du trophée, Rafael Nadal semble définitivement de retour, alors que Federer tentera la passe de 23 en terme de 1/2 finales consécutives, mais partira aussi et surtout à la conquête de son 16e tournoi majeur. Attention à Davydenko. Pour Del Potro, Djokovic et Murray, l’affaire sera en revanche plus épineuse. Tsonga, est, comme à l’ordinaire, le seul (et très faible) espoir français.
Les pronocstics Analysport (Australian Open 2010)
**** Rafael NADAL et Roger FEDERER
*** Nikolaï DAVYDENKO, Novak DJOKOVIC
** Andy MURRAY, Juan-Martin DEL POTRO et Fernando VERDASCO
* Fernando GONZALEZ , Jo-Wilfried TSONGA, Andy RODDICK et Robin SODERLING

Le début de la fin
Il y a des mois de janvier à couper au couteau. Crument. 2010 est de ceux-là. Le Dakar nous offre toujours et plus encore son lot de décès brutaux. Les déserts restent impitoyables. Mais les mitraillettes aussi. Le Togo se déplaçait en bus. Moyen de transport plus sûr que ces motos qui pétaradent à tout va, en apparence tout du moins. Mais les vitres du bus sont aujourd’hui brisées. Par le terrorisme, il n’y a pas d’autres mots. Quelque soit le niveau de gravité : des pierres balancées aux décharges mitraillées. Le bus, dans sa représentation la plus symbolique, est au centre du sport. On s’attaque à tout une institution, à un groupe. A la chair du collectif. Inutile de revenir sur les faits de ce vendredi noir, ni d’en chercher les vraies causes. Il y a cinq à dix ans on gueulait par delà les blogs et les émissions que l’argent pourrissait le sport de l’intérieur. C’était sans imaginer le pire. L’ultra-violence l’attaque aussi. De l’extérieur. Et avec des glaces vitrées en simple armure, son moyen de défense est ridicule. Bouleversé, blessé, le Togo n’ira pas en Angola.

2010, la grande aventure
Analysport clôturera jeudi soir sa 2e saison. Deux années sport, 187 posts et des statistiques de fréquentation toujours plus éloquentes chaque jour. Merci de votre fidélité. Et surtout : Meilleurs voeux pour l’année 2010. JO d’Hiver, Mondiaux de Hand, de Basket, Europe d’athlé, Coupe du monde de foot bien sur. Sans oublier les traditionnels rendez-vous. 2010, c’est pour très bientôt. Bonnes fêtes.

Aimez le golf, il vous le rendra
Aimez le golf, il vous le rendra. Pas facile il est vrai de se passionner pour ce que beaucoup ne considèrent pas comme sport. Cette semaine, Analysport a donc décidé de rendre le golf passionnant. Une anecdote servira d’outil pour cela. Celle de Pablo Martin. En Afrique du Sud, l’Espagnol s’est inventé une recette : « Pour être certain de gagner, il faut utiliser le décor. » Ne laissant rien au hasard, Martin a donc consciemment manqué son swing. Le green sera à des années lumières au prochain coup. Oui, mais. Martin est malin. Martin est roublard. Mais Martin est avant tout vicieux et excellent viseur. La balle retombe comme espéré (ou pas) sur le crâne d’un spectateur. Fait de jeu. Le green n’est qu’à quelques mètres de là et la victime va bien. Quelques trous plus tard, Martin s’est déjà remis de ses émotions. Mais décidément son swing n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Il se manque de nouveau. Direction la poche d’eau. Mais l’éclaboussure ne vient pas. Au lieu de cela, la balle ricoche sur une pierre à moitié émergée et gagne le green. Martin conclut. A une journée du terme, il est en tête du tournoi sud-africain. Aimez le golf, il vous le rendra.

Les trophées Analysport 2009
Comme chaque année, le blog Analysport remet symboliquement ses cinq récompenses. Voici le palmarès 2009. (Retrouvez le palmarès 2008 en sélectionnant Mois de Décembre 2008 dans le déroulé ci-dessus).
LE SPORTIF ANALYSPORT 2009 : Roger FEDERER
Le Suisse ne s’est imposé qu’à quatre reprise cette saison. Mais 2009 lui a permis de devenir incontestablement le meilleur joueur de tous les temps (15 Grand Chelem, place de numéro un retrouvée). Il s’est dépucelé sur le court Philippe Chatrier avant de remporter un combat à la pyrrhus face à Roddick sur le gazon londonien.
Federer devance Usain BOLT (triple champion du monde d’athlétisme) et qui a une nouvelle fois repoussé les limites du chrono. A la troisième place, on retrouve Alberto CONTADOR.
LE FRANCAIS ANALYSPORT 2009 : Sébastien LOEB
C’est son 6e titre et pourtant il fut celui du panache et signe définitif (comme si il était encore nécessaire de le démontrer) que Loeb est un immense champion. Seul regret, celui de ne pas avoir eu la chance d’observer ses débuts en Formule un. Les Experts sont deuxième de ce classement après leur titre mondial de handball en Croatie.
LA DECEPTION ANALYSPORT 2009 : La natation mondiale
Un gigantesque foutoir, le sport version bordel absolu. Appelez cela comme vous le souhaitez mais cette année de natation 2009 serait fortement bien inspirée de s’auto-oublier. Le père Noël n’aura bien heureusement pas la bonne idée de glisser quelques combis dans sa hotte d’ici quelques jours. Le bermuda semble de retour. Mais avec la Fina rien n’est jamais acquis. Reste à zapper définitivement des mémoires cette série de faux records du monde.
LA REVELATION ANALYSPORT 2009 : Carlo JANKA
Il y a un an, c’est Sébastian Vettel qui empochait ce trophée. Analysport avait vu juste ( 4 victoires en GP et une 2e place mondiale). Avec 3 victoires en un week-end, le skieur Carlo Janka est parti sur les mêmes bases. Il est la révélation ANALYSPORT de la saison 2009. A 23 ans, le Suisse est notre grand pari. Il devrait devenir dès cette année, le Boss du ski alpin mondial. Déjà champion du monde à Val d’Isère, il est revenu pour cette nouvelle saison avec une glisse irréprochable et une technique inégalable. A lui de définitivement percer la membrane en marquant les Jeux de Vancouver de son empreinte.
LE MOMENT CULTE ANALYSPORT 2009 : Roland-Garros
De l’agacement de Rafa aux larmes de Roger, ce Roland-Garros 2009 restera dans toutes les mémoires. Il est celui qui renversa son meilleur ami Rafael Nadal et couronna son ennemi public numéro un Roger Federer pour l’éternité. Il est celui d’une vraie révélation Juan Martin Del Potro (héroïque demi-finaliste) et futur maître de l’Us Open. Il est le moment ANALYSPORT de cette saison sportive.

De quoi se prendre la tête
Une main délie les langues, libère les plumes. Du tout et du grand n’importe quoi. Analysport a déniché trois exemples, fruits d’une recherche hâtive mais révélateurs du chaos post-Henry.
La blague pas drôle. – Trois décembre. Grande répétition du tirage au sort de la Coupe du monde. A la vue de la scène, première question : Que vient faire Charlize Theron dans tout ce bazar ? Un oscar et une nationalité n’expliquent pas tout. En tous les cas pas le fait qu’une actrice interfère en matière de sport. Bref. La fabuleuse héroïne de Monster a tout de même eu la bonne idée de la soirée. Une touche d’humour en plein dans le mille. Theron sort le papier de la France : « Irlande ». Oui, ça risque de durer encore un petit moment.
Dechavanne, fils de Sébastien. – La France porte déjà ses deux fardeaux. Stéphane Guivarc’h et Patrick Sébastien. Le toujours très surprenant justicier fanfaron (qui pose tout de même sur la pochette de son dernier « album » en tenue de Zorro version violacé) peut se réjouir. Son fils spirituel s’est déclaré. Seul, comme un grand. Il n’a pourtant malheureusement pas achevé sa période pré-pubère, mais Christophe Dechavanne s’est levé face au scandale : « Irlandais, c’est à vous qu’il revient d’aller au Mondial ». Patientons. L’animateur le moins drôle de France tentera peut être de se porter à la pointe de l’humour en habillant son chien d’un maillot irlandais. Ha, et au fait ! A quand un premier album Christophe ?
Satané cliché. - « Les Irlandais veulent savoir si l’arbitre est prêt à s’excuser. Nous sommes d’autant plus blessés que nous considérons les Suédois comme des gens particulièrement honnêtes ». Rien ne vous choque ? Et pourtant le principe de réduction est à son aise dans cette déclaration de Pat Flannagan, visiblement journaliste de « tradition » de l’Irish Daily Mirror. Premièrement, à quoi serviraient des excuses de l’arbitre deux semaines après les faits ? Mais surtout, Flannagan déclare implicitement que le peuple suédois est désormais peuple corrompu, entièrement dépendant de la faute de M. Hansson. Satanée façon de voir les choses.

Il est son seul fan
« J’étais déçu de constater que lors de mon match à Moscou face à Safin, 80% du public était pour lui ». Légitime, lorsqu’un joueur russe du talent de Davydenko ne reçoit pas les « hourras » qu’il mériterait. Mais Nikolay n’a que le prénom de souverain, pas la plastique. Et tous les joueurs russes sans exception ont du se plier jusque là devant la Safinmania. Il est plus simple de lever les foules avec une touche de mauvaise foi, de talent immense finalement devenu gâchis total et une façade de sex-symbol. Le crâne dégarni, le sourire trop souvent dissimulé et le jeu très propre (mais si efficace) de Davydenko en font logiquement les frais. Le numéro 6 mondial et meilleur joueur russe depuis des années peut toujours taper d’un revers à deux mains dans la table : ce n’est malheureusement pas ses victoires de héros face à Federer et Del Potro qui changeront son problème d’un poil. Aujourd’hui l’image est Reine et seul l’intéressé croit vraiment au changement Ce n’est pas le timide pincement de lèvres (observé après ralenti) du Russe quelques secondes après sa première victoire face à Federer qui va déclencher une ola dans les tribunes du prochain 250 de Moscou.

On ne rigolera plus, c’est promis
Cette semaine, à la question : « Quels aspects de votre jeu donneriez vous à Roger Federer ?« , Gaël Monfils avait répondu sans vergogne : mon mental. Un chouilla gonflé pour celui qui n’avait alors remporté que deux tournois insignifiants (Sopot et Metz). On savait Monfils battant, expressif, bourré de volonté mais le meilleur joueur de tous les temps en aurait-il seulement besoin ? Bref, tout cela valait un petit sourire. Rien de plus, rien de moins. La finale de Bercy l’a rapidement dissipé. Monfils est bien le Federer du mental et sa célèbre maxime, « si le mental est là, le physique suivra » a enfin pris tout son sens. C’est ce qui s’est passé à 2-6, 0-3 lorsque Bercy avait enfin décidé de l’aider à toucher son étoile. Dans le doute, sous le poids de deux double fautes consécutives, au prix d’efforts hallucinants, l’éternel talent s’est transformé en vainqueur. Pas dans le concret bien sûr, n’enlevons rien à Djokovic. Mais Monfils est le grand vainqueur de son physique, de sa fatigue. En quelques jours, il a franchi une vraie étape en carrière, laissant seul le pauvre PHM dans son cercle de looser absolu. Ne reste plus qu’à noircir ce foutu palmarès anorexique. Mais cette fois c’est promis, Monfils ne sera plus pris à la rigolade.

Intolérable cruauté
Ne jamais perdre la face, le sourire. Pas même lorsque vous venez, aux yeux d’une France désabusée, de changer le cours d’une action, d’un match, peut être d’un trophée. Gunnar Prokop n’est pas du genre à ressasser ses conneries, à laisser ses lèvres se submerger dans le scrupule. Gunnar Prokop n’hésite certainement pas à faire don de son corps à la science du handball. Reconnaissons, à décharge, qu’il faut avoir les coui… sacrément bien accrochées pour oser s’immiscer dans une franche coudée au front des femmes carrées du handball. Prokop n’a donc pas hésité une seule seconde, son coup étant prémédité depuis des lustres. Restait à dénicher l’occasion. La Messine Svetlana Ognjenovic passait par là. 27-27. Sa formation octuple lauréate de la Ligue des Champions n’aurait point déglutit une défaite en phase de poule. Un coup d’épaule d’un cinquantenaire déglingué pour sauver les apparences (27-27) et l’honneur comptable de Niedosttereich est sauf (pour l’instant). Sur le plan éthique c’est évidemment une autre affaire. Autre enseignement : Mesdames, l’homme vous est toujours supérieur physiquement, mais n’hésitez pas à vous unir quand il en est d’usage. Une bonne petite tarte dans la gueule n’a jamais tué son Prokop.
La vidéo de ce fait d’arme : http://videa.hu/videok/sport/hypo-pont-prokop-segitseggel-gunnar-kezilabda-metz-I4n0b3i7mbNxl8fx

Une tribune du mérite
L’équipe de France de football est plus forte que U2. Il a suffi de quelques heures, quelques files indigestes sur le parvis des Fnac de France et les 50 000 places de France-Eire ont trouvé preneur. Pour un concert au même endroit, Bono et sa troupe n’ont pas fait mieux question timing. Viens alors le tour du paradoxe. Cela fait déjà quelques semaines, des mois, voire des années, que le public français se vouait au désamour de son équipe nationale. Une véritable déprime traduite dans les faits par des résultats sans âmes, des comportements égoistes, qui ont tutoyé le « jemenfoutisme » des « champions » face à la foule, bien aidés par une communication alarmante du sélectionneur. Toutefois si l’alarme avait détecté la fumée et de fait rententie, le bâtiment n’a pas pour autant été évacué. Et voilà que les Bleus ne parviennent pas à se qualifier directement pour le Mondial. C’est donc le plus illogiquement possible que le public se charge de répondre présent pour les barrages. En deux temps, trois mouvements (une heure et des brouettes en vérité). Le Stade de France sera complet pour Gourcuff comme pour U2. A la simple différence que ces derniers le méritent vraiment.

Pour vous les femmes
Caractère de chien, tennis en perdition, retraite anticipée mais gueule d’ange, corps de rêve et sex-symbol avant tout. Safin s’en va et c’est le trombinoscope du circuit ATP qui en prend un sacré coup. L’homme plait à « toutes » les femmes, c’est une évidence et c’est tout à fait légitime. A une autre mesure, les spécialistes avaient pourtant vu en lui un potentiel numéro un mondial en puissance il y a de cela sept ans. Et lorsque le Russe offre une des plus belles partition de sa carrière en ramenant Federer les pieds sur terre en 2005 au terme d’une demi-finale épique en Australie, puis en s’offrant le titre sans sourciller devant Hewitt 48 heures plus tard, le doute n’existait plus. Safin serait un très grand. Quelques jets de raquettes, d’insultes à arbitre, d’exil vers le Tibet et grosses gueulantes plus tard, Marat va s’effacer après Bercy. Deux titres majeurs, au final riquiqui dans les poches, pourvus (ou entachés, c’est comme vous voulez) d’une panoplie de matches balancés à tout va. Mais si le tennis va perdre Safin, les femmes ‘oublieront pas Marat. Et celles qui ont eu la bonne idée d’enregistrer le numéro du beau gosse dans le répertoire, Pennetta la première, savent au fond d’elles mêmes que c’est là une bien belle occasion pour une partie de jambes en l’air. Pour ce genre de matches, Safin devrait être un peu plus disponible dorénavant.

Une forêt au septième
Une barrière automatique, sept étages plus haut, un couloir d’hôpital, une machine à café, quelques pas et c’est la rédaction de Canal + Sport, Sport +. A défaut d’être sur place, Analysport vous propose une petite visite écrite. Vous êtes désormais une souris dans une foret de cassettes.
C’est l’histoire de quelques armoires branlantes, d’un tsunami de bandes vidéos amassées dans les coins et recoins d’une centaine de mètres carrés. Et finalement c’est ça Canal + Sport, c’est ça Sport +. Du dessus, du dessous, des cassettes, des numéros de série perdus un peu partout : « Rangées, elles sont rangées », souligne à décharge un journaliste. Rangées,oui. Comme la chambre d’un adolescent. On fourre tout, on retrouve tout. Une petite fouille sur le bureau de Lionel Buton (spécialiste des Sports US) pour s’apercevoir qu’un match NBA de 2003 n’est pas aussi loin que l’on pourrait croire. Une fameuse bande Escudé/Hewitt plus tard, au milieu des paperasses de Frédéric Viard et ce sont des souvenirs improbables qui se réveillent. Les souvenirs d’une Coupe Davis glanée voici 8 ans mais dont l’exploit d’Escudé, à défaut d’exister dans les mémoires, survit en une bande de 124 minutes, rangée sans hasard pourtant dans un coin de bureau. A défaut de cassettes, George Eddy préfère les posters. Dans son mètre carré, coincé dans un angle, la voix NBA de Canal laisse des lettres de fans, des cartes postales en plan, aux yeux de tous près de son ordinateur. Avec une affiche pour rappeler : « Toute conversation sur le badminton est interdite ». George a ses principes, Canal aussi. La désacralisation. A voir David Cozette dans la peau d’un agent Men in Black sur la porte de son bureau peut prêter au sourire, le calendrier de femmes nues made in Xavier Vaution laisse plus rêveur. Côté golf, pour se distinguer des autres et probablement pour faire la pub d’une discipline plus traditionnelle on préfère accrocher des dizaines d’accréditations sur une lampe de fortune. Les catcheurs, les boxeurs, les navigateurs au sens journalistique du terme ont aussi leurs petites habitudes. Parce que la genèse du sport à Canal c’est une forêt de cassettes, une machine à café quelques bureaux, huit cabines de speak et une touche de légèreté. Un badge, sept étages, quelques pas et vous pourrez vérifier ça.
