A quelques jours de son départ à Pékin, Julien Absalon se sent prêt à défendre sa couronne et révèle en exclusivité son forfait pour le Tour de France VTT dont le départ sera donné demain dans ses Vosges natales.
Julien, vous venez d’enchaîner deux belles victoires consécutives au Canada et de fait, quasiment de remporter la Coupe du Monde. On vous a senti vraiment très facile…
“Les manches de Coupe du Monde ne sont jamais vraiment faciles. En plus, ces deux parcours étaient exigeants. Mais il vrai que tout s’est passé à merveille. J’ai pris un bon départ, je suis parti très tôt et ainsi pu éviter tous risques de chute. Je me sens très bien depuis quelques semaines et je monte en puissance depuis la manche de Coupe de France des Orres.”
Vous avez prévu de disputer les deux premières étapes du Tour de France VTT cette semaine à Vittel ?
“Non, finalement, je ne m’y rendrai pas. Avec Gérard, nous avons effectué un véritable changement de programme récemment. Du coup, je ne vais pas rester longtemps dans les Vosges et je vais partir dès demain en Côte d’Azur pour me préparer à la chaleur de Pékin.”
Après cet intermède sudiste, le grand départ pour Pékin va se profiler. Quel jour vous envolez-vous exactement et avec qui embarquez-vous ?
“Je prends l’avion pour la Chine le 17 août pour arriver sur place le lendemain. Je vais partir avec ma femme bien sûr, mais aussi avec la moitié du groupe France de VTT. L’autre moitié sera sur place dès le 13 août.”
Pourquoi un départ assez tardif alors que la course se déroulera le 23 août ?
“Je souhaite effectuer le plus gros de ma préparation en France. Pékin ce sera donc au dernier moment. Car il est difficile de rouler là-bas en raison de la forte pollution.”
A propos, vous nous aviez confié que vous n’étiez pas très à l’aise lors de la reconnaissance du parcours l’an passé à cause de la pollution. N’est ce pas là une appréhension supplémentaire ?
“Non, en partant du principe que ce sera pour tout le monde pareil. Je ne vais pas y penser pour le moment.”
Et justement ce parcours. Comment le jugez vous ?
“Je le trouvais très roulant lors de la reconnaissance. Mais suite à plusieurs réclamations, les organisateurs l’ont modifié. Ils ont rajouté des pierres, des virages et une montée supplémentaire. Du coup, il sera plus dur et plus technique. Cela ne jouera en aucun cas en ma défaveur.”
Une fois à Pékin, comment allez vous gérer les cinq jours qui vous conduiront jusqu’au jour J ?
“J’irai effectuer les derniers repérages. Justement, j’irai étudier ce parcours modifié. Je ne l’ai vu uniquement que sur des photos jusqu’à présent.” Concernant l’adversité qui vous sera proposée, comment vous jaugez-vous par rapport aux autres actuellement ?
“Très bien. La tendance s’est inversée entre Christoph Sauser et moi. Il y a quelques mois, il était sur un nuage et moi moins bien. Aujourd’hui, je suis de nouveau en grande forme et malheureusement lui est tombé récemment. Mais on remarque cette année que tous les cadors de la discipline ont vécu des moments plus ou moins difficiles.”
Outre Sauser, qui surveillerez vous particulièrement ?
“Hermida devrait être au rendez-vous. Il est un peu en retrait actuellement mais il ne faut pas l’oublier. C’est un parcours qui pourrait parfaitement lui convenir.”
Imaginons le proche avenir avec une nouvelle médaille d’or autour du cou. Quelles seraient alors vos perspectives post JO?
“Je ne veux pas penser à après. Je n’ai que l’objectif de l’or en tête. Mais je continuerais bien évidemment le VTT. J’ai prévu de me rendre à la finale de la Coupe du Monde pour assurer ma victoire au général.”
Un échec rendrait à contrario votre saison plus terne…
“Non. J’ai gagné 5 manches de Coupe du Monde cette année. Je devrais gagner le général prochainement sauf pépin. Et je suis resté n°1 mondial. Mon seul échec concerne les Championnats du Monde, mais je préfère l’avoir connu à cette occasion et pas aux Jeux.”
Recueillis par Arnaud CAEL (paru dans La Liberté de l’Est )

