Archives pour octobre 2008

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Le Sportel, c’est donc ça …

In Général on octobre 27, 2008 par Arnaud CAEL

Comme promis, voici la photo qui résume bien l’atmosphère du Sportel de Monaco. Plein les yeux …

Crédit photo : R.S.

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Il était une fois Patrick Montel …

In Général on octobre 27, 2008 par Arnaud CAEL

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

Un silence assourdissant

Lance Armstrong qui n’avait pas jugé bon de faire le déplacement à Paris, jugea, via un communiqué de presse, le tracé du tour 2009 excitant et prometteur. Le Texan qui avait menacé de boycotter les routes de France pour cause de cabales injustes et d’acharnement médiatique à son égard, faisait brutalement volte face. Il y avait pourtant fort à parier que le tracé singulier de cette 96ème édition, qui snobait le Nord et la Bretagne pour mieux flirter avec les principautés voisines n’avait pas grand-chose à voir avec son revirement stratégique. Le chasseur se moquait de la géographie comme d’une guigne du moment que ses proies semblaient désormais résignées. Le discours policé de la nouvelle direction, mise en place par l’organisateur de l’épreuve ASO, venait clairement d’ouvrir une ère nouvelle pour le cyclisme professionnel et le miraculé du cancer, comptait bien en profiter pour rentabiliser son ” come back”. Quitte à revenir, à multiplier les prouesses dans les lacets des cols autant que ce soit par la grande boucle, celle qui avait bâti sa légende, de héros invincible et immortel.

Johann Bruyneel, son directeur sportif fidèle, son double, avait du lui faire un compte rendu élogieux de la paix que les braves venaient de parapher sur l’autel du dopage. Pas un mot qui fâche ! Pas la moindre allusion à ce fléau, qui rongeait le peloton depuis des lustres et dénaturait les palmarès. Rien sur l’EPO Cera qui venait encore de décapiter la dernière édition. Pas un mot pour les tricheurs débusqués, pour le voltigeur Ricco, l’alpiniste Kohl ou la locomotive Schumacher. Pas une seule image, une seule réprobation. C’est comme si tous ces pédaleurs de l’extrême n’avaient jamais existé. Leurs visages furent gommés de la photo de famille dans la plus pure tradition de la retouche soviétique. Bien pire encore ! L’agence française de lutte contre le dopage dont les contrôles rigoureux et ciblés avaient accéléré la grande lessive, venait implicitement d’être remerciée. La toute puissante UCI reprenait la main, maintenant que l’armistice avec ASO venait d’être célébrée. Les instances internationales qui avaient fait largement la preuve de leur laxisme coupable diligenterait désormais comme aux plus belles heures du « Laisser faire, laisser pédaler » les flacons à instruire. Pierre Bordrie, le patron de l’AFLD, refusait par avance de cautionner pareille mascarade. Pat Mac Quaid, le caïd de l’UCI s’en pourléchait déjà les babines. Avec Contador et les retours en grâce, de Basso, Vinokourov et Hamilton qui avaient purgé leur peine, la mariée aurait fière allure. Et si par bonheur Lance lui faisait l’honneur de s’inscrire pour aller arracher la jarretière…

On allait voir ce qu’on allait voir !! De l’inédit, du saignant. Un Tour à vous couper le souffle, bouclé à 300 à l’heure. Les douaniers juchés sur des mobylettes regarderaient les coursiers « Go Fast » se jouer des frontières. Dans cette joyeuse bande qui fêtait l’union sacrée, personne n’osa prendre des nouvelles de Patrice Clerc, l’ex taulier de l’épreuve fraîchement congédié. Celui qui croyait dur comme fer redorer le blason du Tour en livrant une lutte sans merci au dopage et à l’UCI, s’était lourdement trompé. Le public réclamait son show estrival et peu importe s’il fallait pour cela hypothéquer des vies. Son absence à la tribune troublait le vacarme ambiant d’un silence assourdissant.

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Mon voyage au Sportel (Episode 2 : Par delà les escalators)

In Général on octobre 22, 2008 par Arnaud CAEL

Au Sportel de Monaco, deux mondes cohabitent. Si l’espace marchand grouille en permanence, les salles de conférences sont exposées à une atmosphère beaucoup plus calme. Une ambivalence incarnée à merveille par tous les acteurs de l’événement.

« Je vous en prie, servez-vous ». Sourire – liquéfiant – aux lèvres, les hôtesses du Sportel de Monaco font leur effet. Les charmantes demoiselles, rouge à lèvre étalé à outrance, pouponnées à n’en plus pouvoir, troublent les visiteurs d’un salon marchand, véritable centre névralgique du forum Grimaldi et de la manifestation en général. Entre ballons miniatures et stylos « bibelots », le visiteur trouve son bonheur dans cette bonne centaine de mètres carrés. Seule ombre au tableau : quelques escaliers à gravir pour rallier les stands chaleureux. Mais les fainéants de la première heure n’hésitent pas à se livrer à l’effort. Derrière les costards cintrés, les auréoles de dévoilent. Sous la coupole de plexiglas de l’édifice, joie, partage et communication sont au rendez-vous. Garantis à coup sûr en surface tout du moins.

Car une poignée d’escalators plus bas, le véritable Sportel de Monaco ouvre ses portes. Après les festivités de l’étage, place au silence et à l’ambiance calfeutrée des sous bassement du bâtiment. Daniel Bilalian, grand patron des sports de France Télévision, sort de la salle Genevoix tête baissée, place un pied sur l’escalator et s’efface progressivement. Le ton est donné et l’heure sérieuse.

Une hôtesse s’avance vers une femme. « Souhaitez-vous un casque pour la traduction ? ». Réponse claire : « oui, merci ». Brève communication mais efficace. La femme s’infiltre dans la salle Genevoix. Sans mot dire. Une conférence commence parmi tant d’autres. Celle-ci traitera du football et de la Ligue 1 plus particulièrement. Quelques trentaines de minutes plus tard, place aux questions du public. Réaction zéro. Par ici la suite …

A pleins poumons

A la sortie, un homme s’esclaffe : « regardez, c’est Alberto Contador au stand de la Rai ». Quelques spécialistes de l’effort court tentent de rallier le fameux endroit au plus vite. Trop tard, Contador a disparu. Disparu comme le silence religieux qui s’était installé dans les allées souterraines du Forum Grimaldi. C’est donc une dizaine de mètres plus haut, que l’ambiance taciturne des salles de conférences laisse place au tumulte continu des discussions professionnelles ou amicales.

Au bar, les représentants des marques, les visiteurs, les stars parfois, se laissent aller sur la terrasse extérieure. Pieds sur les canapés, positions de fœtus pour certains : pas de tenue exigée. Juste le besoin de récupérer. De remplir rapidement les poumons avant de redescendre dans les abimes du Forum, se livrer à d’interminables joutes oratoires. Tony Estanguet abandonne quelque temps son poste au bistrot pour ravir quelques fans avides de photographies.

Mais à peine de le temps d’humer l’odeur marine, qu’une voix féminine retentit au micro : « Mesdames et Messieurs, la conférence de presse sur le centenaire du Tour d’Italie va débuter dans quelques instants dans la salle Auriac ». Thierry Cazeneuve du Dauphiné Libéré abandonne son jus. Le boulot l’appelle en bas des escalators … Un tout autre monde.

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Mon voyage au Sportel (Epidode 1 : Au marché de Monaco)

In Général on octobre 20, 2008 par Arnaud CAEL

Costard noir, cravate grise, je déambule dans les couloirs improbables du Forum Grimaldi de Monte-Carlo. De surprises en surprises, je me fonds parfaitement dans le décor pétillant du Sportel* de Monaco.

“Prenez, prenez c’est gratuit ! On vous l’offre …”. A moi, comme à mes apprentis collègues journalistes, il ne faut pas nous le dire deux fois. Au salon du Sportel de Monaco, les femmes sont en mini jupe, en maillot de foot, en tailleur, peu importe, elles contribuent au dessin gigantesque et démesuré de cet univers de paillette où tout vous est acquis sans bouger le petit doigt. On vous invite (force presque) à venir vous servir de cadeaux en tous genres. Mon butin du jour : une trousse de toilette Juventus de Turin, une casquette Milan AC, des stylos de toutes marques, des ballons miniatures (basket, rugby, base-balll, foot, …), des posters de l’AS Monaco, des clés USB, du Redbull à volonté … Qu’il fait bon d’être accrédité parfois. Seul “boulot” : rester cloîtré sur des fauteuils moelleux dans les salles de conférences, traducteur sur les oreilles, à écouter avec attention parfois, quelques déblatérations des sportifs et autres grands responsables du monde sportif, venus présenter leurs dernières trouvailles technologiques. Un peu de professionnalisme au beau milieu de l’artifice.

La suite de mon voyage au Sportel, c’est demain avec Contador, Douillet, Pistorius et bien d’autres …  et surtout avec une photo surprise à la clé !

(* Sportel : colloques, conférences sur le sport et les nouvelles technologies. Evénement annuel organisé par la Principauté de Monaco sur 3 jours)

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Il était une fois Patrick Montel …

In Général on octobre 19, 2008 par Arnaud CAEL

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

Ecran de fumée

Quand le monde s’emballait et que la nation impuissante dérivait, menacée par des flux qui la submergeait, les politiques de tous bords fouillaient les poubelles de l’actualité pour dénicher des leurres, susciter dans l’opinion des consensus commodes. Qu’une poignée d’imbéciles s’ingéniât à siffler un hymne national ou à conspuer un drapeau et voila que nos édiles outragés bombaient le torse et retrouvaient de la voix pour clouer au pilori, unanimes, ces ennemis de la République. Après l’indignation vint l’heure des mesures radicales. L’arbitre serait désormais sommé de mettre un terme à une partie qui n’aurait jamais commencée si d’aventure la fanfare s’en trouvait contrariée. Et peut importe s’il fallait pour cela risquer l’émeute en déversant aux abords du stade des bandes frustrées et irascibles.

La République punirait en outre sévèrement les siffleurs, sans toutefois s’interroger sur la genèse de leur courroux. Avaient-ils sifflé par pure incivilité, par désespoir d’entendre leur hymne de la sorte maltraité ou siffloté simplement par pure désinvolture parce que le fond de l’air était léger ? Les tribunaux passablement encombrés risquaient fort de s’y perdre en conjectures. Dans la cacophonie ambiante, une voix ministérielle se fit entendre pour exiger la délocalisation en province des parties trop sensibles, celles qui concernaient les populations d’origine maghrébines recluses dans le 9-3 populaire à deux pas du Stade de France. Certains médias généreusement amplifièrent l’écho douteux. Le Parisien rendit public un sondage qui justifiait à lui seul, cette indignation au plus niveau de l’état. 80% des français se déclaraient choqués. Un pourcentage qui constituait en ces périodes troublées, l’écran de fumée idoine. L’éditorialiste de France Soir, l’ancien patron de l’information de TF1 à la retraite sortit une vieille rengaine que l’on espérait enfouie à jamais. » S’ils n’aiment pas la France qu’ils s’en aillent … Ne laissons pas aux extrémistes le sentiment national et l’amour de la patrie car sinon c’est la République qui fout le camp. » Les joueurs heureusement firent preuve de plus de mesure. Hatem Ben Harfa, trait d’union de la rencontre, sans approuver ces débordements en tribunes, évoqua une jeunesse en mal de repères et d’intégration, le cul en équilibre entre la France et la Tunisie, étrangère partout. » Ils veulent se montrer, se faire entendre.Il faut les comprendre. » Michel Platini dans le Monde daté du 18 Octobre versa au dossier son témoignage indiscutable. « Il y a 30 ans quand je jouais en équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque les politiques ne s’intéressaient pas au football… »

Derrière tout ce tumulte, une proposition passa presque inaperçue. Celle formulée par Bernard Accoyer, le président de l’assemblée nationale, qui proposait d’amnistier les français les plus fortunés, ceux qui avaient échappé au fisc si toutefois ils acceptaient de rapatrier leurs capitaux dissimulés pour relancer la pompe à liquidités défaillante. Les états européens venaient de décider d’injecter 1700 milliards d’euros de fonds publics pour tenter de rétablir la confiance au sein d’un système miné par les mouvements spéculatifs. Où se situait l’insulte véritable à la nation et au drapeau ? Dans les sifflets ou dans les placements à risque ,exonérés d’impôts, que ces français de pure souche et âpres aux gains multipliaient sans vergogne ? Tandis que les victimes collatérales de la récession annoncée se compteraient bientôt par milliers, les apprentis sorciers lorgnaient encore sur les oscillations folles du CAC 40, soudain revigorés par cet afflux d’argent public. Ils en salivaient déjà les traders à la petite semaine, échafaudant des martingales, se laissant bercer par les plus values à venir.

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Dans son plus simple appareil

In Tennis on octobre 15, 2008 par Arnaud CAEL

Andy Roddick c’est un grand chelem. Mais Andy Roddick c’est aussi toute une palette d’humour décapant. En jouant totalement à poil récemment, A-Rod a peut être trouvé la recette exclusive du succès … Revenons sur les faits de cette anecdote pas forcément surprenante au vu du personnage.

Andy a du coeur. Pour une oeuvre de charité, l’Américain offrait une heure de cours particulier à qui monterait le plus haut les enchères. Quelques minutes passent. Les prix restent collés au parquet. 800 euros. Dérisoire ! Il faut faire quelque chose et vite. Andy prend l’initiative et offre une heure de tennis en tête à tête torse nu. Enfin, les offres décollent. Une femme propose 5000 euros. Roddick fait la moue. Nouvelle proposition. Cette fois décisive. Il jouera une heure complète poils au vent. Nu comme un ver., sans même sa classique casquette. 11000 euros : adjugé ! Quand on veux on peut ! Qui sait, peut être A-Rod testera sa nouvelle passion pour la nudité pour retrouver le succès en grand chelem ?

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Il était une fois Patrick Montel …

In Général on octobre 12, 2008 par Arnaud CAEL

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

Pitié pour les nantis !

Mardi quelques milliers de travailleurs, défilèrent dans Paris sous la bannière des organisations syndicales ouvrières, répondant au mot d’ordre mondial de mobilisation pour un travail décent. Les patrons voyous étaient explicitement visés, qui dans la plupart des pays émergents profitaient du flou artistique entourant le droit du travail pour exploiter sans scrupules la population la plus fragile, expulsée des campagnes ou originaire de contrées bien plus défavorisées encore. Avenue Montaigne, le passage du cortège prit au dépourvu la crème du quartier. Des mannequins anorexiques et perplexes, croquaient délicatement une pomme en mastiquant longuement chaque bouchée, sur le seuil de vitrines où le moindre modèle s’affichait en milliers d’euros. Devant le Plaza Athénée, les voituriers désoeuvrés observaient du coin de l’oeil Frédéric Diefenthal, « jean et santiag », en grande conversation à deux pas de là. L’acteur des » Gens normaux n’ont rien d’exceptionnels » aurait même pu se joindre au cortège lui qui avait connu avant d’accéder à la notoriété, sa période de vaches maigres, embauché comme apprenti dans l’hôtellerie et la coiffure. Il ne semblait en tout cas pas surpris par cet afflux soudain de pauvreté dans l’artère la plus chic de la capitale.

Les manifestants, usés avant l’heure, trognes cabossées et tignasses grises, arpentaient timidement le macadam, presque gênés d’emprunter un parcours si prestigieux. Un cafetier bougon avait tiré le rideau de fer comme aux heures les plus chaudes de 68. » On n’est jamais tranquille ! Qu’ils se contentent de défiler entre Bastille et République ces traîne-savates ! » Une banderole géante barrait la chaussée. « Le SMIC à 1600 euros ! 300 euros d’augmentation tout de suite ! » A la terrasse des cafés, leurs 4×4 immobilisés, des golden boys parachutés côtoyaient des femmes alourdies de bijoux, qui refusaient l’évidence à force de crème et de maquillage. Ils faisaient la moue en fixant le bout de leurs chaussures vernies. « Comment rester digne avec cette seule misère seulement en poche ? “.

Un gamin qui avait manifestement séché les cours, s’approcha timidement de moi, son cahier « Panini » à la main. » Je croyais qu’il n’y avait que les footballeurs qui pourraient défiler par ici ! » La menace de plus en plus précise d’une grève des artistes du ballon avait émoustillé le chasseur d’autographes et il ne pouvait cacher sa déception devant le lapin que ses idoles lui posaient. Je tentais de lui expliquer le fond du conflit, lui décrire cette poule aux œufs d’or sur laquelle tous voulaient faire main basse. Pour une fois que les riches se déchiraient en public et demandaient à la piétaille de prendre parti ! Pour l’heure, tancés par leur employeur, les OS de la ligue 1, restaient muets, cloîtrés dans les vestiaires, privés de leurs droits syndicaux, puisque leurs représentants dîment mandatés étaient bloqués derrière les grilles, comme aux pires moments de la révolution industrielle. Où était leur vraie place ? Au milieu de la rue ou sur le bas côté, trottant derrière leur femme, portant les paquets d’une enseigne à une autre ? Halte aux cadences infernales, à ces coupes superposées qui abrégeaient les carrières et épuisaient les organismes ! La seule différence avec les travailleurs migrants de Chine ou d’ailleurs s’affichait sur la feuille de paye en fin de mois. Quelques zéros supplémentaires et un casse tête que les pauvres diables sans le sou n’auraient jamais à résoudre. A quel financier se fier quand chaque jour l’un des fleurons du système bancaire déposait le bilan et plongeait les places boursières dans le désarroi ?

Dans ces moments pénibles nos champions, en plus de leur batterie d’avocats et de fiscalistes, pouvaient compter sur le soutien sans faille des supporters. L’état d’urgence venait d’être décrété ! Le classico était menacé ! Qu’il faille à l’avenir se serrer la ceinture soit mais s’il fallait en plus se priver d’un » OM PSG « c’en était trop ! Les abonnés des virages, étendards élevés, investiraient bientôt comme un seul homme l’avenue des Champs Elysées, bloqueraient les entrées de la boutique du PSG. Vers 16 heures, tout rentra dans l’ordre. Je suggérais au gamin apaisé de se mêler à la foule, de déambuler dans les allées du Mondial de l’automobile et de faire une halte du côté des stands Porsche ou Ferrari. Il y aurait certainement quelques footeux aux poches pleines à surprendre, quelques signatures prestigieuses à glaner. Avant de rentrer, j’achetais la dernière édition du Monde. En bas de première page, un encart noir détonnait comme une sourde menace. « 850 millions d’estomacs crient famine mais personne ne les entend. Et vous ? »

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Bras de fer national

In Général on octobre 10, 2008 par Arnaud CAEL

Dans le désert de la presse sportive quotidienne française, il n’y en avait qu’un. Un, qui traversa le siècle vent debout, dévorant un à un ses freluquets d’adversaires : “Sport”, “Le Sport” … “L’Equipe” les a tous dévoré. Alors bien audacieux, voire fou, celui qui oserait se représenter devant son chemin. Et quelques décennies plus tard, le fou est tout trouvé : Michel Moulin (ex- président du PSG). L’homme au crâne luisant réserve une belle surprise à ceux qui espéraient une pluralité des points de vues au quotidien dans le sport.

Le 3 novembre prochain, “Le 10 sport” verra le jour. Les armes sont aiguisées : il faut faire mal à “L’Equipe” pour survivre, pour exister tout simplement. 50 centimes le numéro, format tabloïd : attention concurrent sérieux ! Et le futur né n’a pas froid aux yeux. Son leitmotiv est des plus ambitieux : rivaliser sur le terrain du football. Pas forcément évident ! Mais le foot plait encore … trop surement. Plaira t-il cependant assez pour la survie de ce “gamin” de journal ? Mais malgré ce nouveau concept, l’omnisport peut encore prendre son mal en patience pour se faire une place dans les toutes premières pages d’un quotidien de manière régulière. Bref du neuf à l’horizon, mais pas de révolution …

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Des désirs d’Orient

In WRC - F1 - Moto on octobre 7, 2008 par Arnaud CAEL

Gilles Villeneuve a du se retourner dans sa tombe. Son circuit du Canada, fief incontournable de la Formule 1, s’est tout simplement évaporé en quelques secondes du calendrier. Sans raison valable. Le temps d’une annonce pas franchement attendue. Mais le contexte actuel dans lequel baigne la Formule 1 et tout un lot d’autres sports pouvait nous mettre la puce à l’oreille. Ce genre de conséquences, sans véritable cause tout du moins officielle, n’est pas une franche surprise. Ce contexte, c’est la pourriture, autrement dit le fric.

Du coup, le puissant “argentier” Bernie Ecclecstone, big boss des boss sur les circuits – en tous les cas d’un point de vue économique – est “légitimement” attiré vers l’Orient et l’Asie. Résultat : un tiers des GP 2009 seront disputés sur le plus grand continent de la planète, avec en prime la création du GP d’Abhou Dabi (EAU). Après Singapour, Bahreïn, Turquie et la Chine et si l’on ajoute à cela la Malaisie (depuis 99), le bilan est vite fait : la F1 trace sa route où le pognon est ! Simplement, sereinement … Et ce n’est pas prêt de changer. Les circuits légendaires trépasseront un par un devant l’odeur hypnotique du blé. “Adieu veaux, vaches, cochons et surtout … le sport, finis les beaux rêves”.

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Il était une fois Patrick Montel …

In Non classé on octobre 5, 2008 par Arnaud CAEL

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre nouveau consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

J’ai un souvenir très violent de la nudité des vaches

Du foot du foot encore du foot !! A tous les étages du PAF, accommodé à toutes les sauces. En ces périodes de crises spéculatives aigues, les supporters épargnants n’avaient plus que la semaine européenne pour oublier l’espace d’un match, la volatilité de leurs économies emportées par l’irrépressible dérive du CAC. Pas de soirées télé cette semaine sans un voyage immobile en ballon. En plus du coffret luxueux de la ligue des champions, la télé démultipliée par la TNT, piochait complaisamment dans le catalogue de l’UEFA, réservait ses prime time à des rencontres improbables, conviait les accrocs de la baballe à des joutes exotiques contre Tel Aviv, Twente, Motherwell ou Kayseri. De quoi entre deux pubs, accaparer le temps de cerveau disponible des « Accrocs-foot de moins de 50 ans ».

Les plus malades enchaîneraient ensuite avec le championnat d’Argentine histoire de patienter jusqu’à vendredi, jour de ligue 2, prélude à un week end intense où le téléspectateur gavé comme un canard, s’infuserait la quintessence des championnats européens, jusqu’à demander grâce. Et si d’aventure le patient atteint d’une pathologie sévère en réclamait encore, un simple coup de fil à Orange lui permettrait de ne rien rater du derby chti et chic entre Lille et VA. Inutile d’évoquer l’overdose de football toutefois. Médiamat était formel. Le bonheur des programmateurs était toujours dans le pré. Lyon, le champion inoxydable réalisait mardi sur TF1 un score digne des « Experts » lors de son épopée bavaroise retransmise en prime time. Plus de 27% de marché et 6 millions et demi de pupilles captives. Un poil mieux que l’OM lors de la venue de Liverpool. De quoi conforter le président Aulas un tantinet paranoïaque ces derniers temps ! Si le cours de l’action tendait à fléchir, si le projet de nouveau stade lanternait, l’OL n’était plus le fort en thème devant lequel les foules sentimentales se détournaient.

Le couple télé-foot n’était donc pas à la veille de divorcer. Il me semblait en revanche plus judicieux de s’attacher aux dommages collatéraux induits par une télévision qui consacrait exclusivement ses soirées au ballon business, aux séries américaines ou aux radios crochet « Poudre aux yeux ». Une enseignante de mes amies fraîchement mutée dans le 9-3 évoquait son impuissance à communiquer avec une jeunesse désemparée qui n’aspirait qu’à embrasser les carrières de footballeur professionnel ou de vedette de la Star’Ac .L’une de ses élèves, pour le moins atypique, qui aspirait à devenir chirurgienne avait été prestement remise au pas par ses camarades consternées par son manque d’ambition. Etourdi par les mirages et les fausses promesses, les salaires mirobolants et les paillettes, l’adolescence recluse semblait condamnée.

La réforme de la carte scolaire accentuait encore le désarroi de ces gamins qui en classe reproduisaient strictement le copier coller de leurs cités-guettos. Les médias sur l’ampleur du phénomène restaient d’une discrétion coupable, s’attardant seulement, de temps en temps sur un fait divers, sur le cas de ce gamin de 11 ans qui avait tabassé son institutrice, comme si ces débordements demeuraient exceptionnels. Mon amie évoquait sa lassitude infinie, l’impossibilité de faire cours, la démission de toute la chaîne éducative, des parents submergés par l’ampleur de la vague. Lundi tandis que Eurosport proposait un alléchant Clermont Strasbourg, Yasmina Benguigui sur Canal Plus, dans une démonstration implacable, revenait sur la genèse du 9-3, expliquait comment les politiques sans scrupules avaient transformé l’Est parisien un lieu de désespérance, pour n’offrir, comme perspectives d’avenir, aux gamins oubliés de l’immigration, que le seul miroir du deal, du prosélytisme et comme seul horizon qu’une succession de paraboles qui pendaient aux fenêtres. Ce documentaire réquisitoire, construit comme un constat froid, n’avait mobilisé que 450 000 personnes soit 2,3 % de parts de marché ! Une misère .Pendant ce temps, Jean Michel Aulas montait au créneau pour défendre Orange qui avait apporté dans la corbeille plus de 200 millions d’euros pour acquérir une partie des droits de retransmission de la ligue 1 et n’intéressait pour l’heure qu’une poignée de drogués du ballon. Il fallait, à l’en croire, juste s’armer de patience. L’impact économique du nouvel entrant était colossal, sa capacité à hypnotiser les foules infinie et le président lyonnais se défendait par avance d’avoir la peau d’orange, offrant en même temps aux caméras partenaires son plus beau sourire, son profil soigné, vierge de capitons.

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Les artisans du renouveau

In WRC - F1 - Moto on octobre 5, 2008 par Arnaud CAEL

On roule plutôt bien en France actuellement. Sur les circuits en particulier. Quelques longues années après Arnaud Vincent (6 précisément), un nouvel ambassadeur de la moto est né. Presque du néant. Car on ne comptait pas forcément sur Mike di Meglio cette saison. Le Toulousain de 20 ans est allé chercher le titre 125 cc dans la peau d’un quelconque outsider. 25e en 2006, 17e l’an passé … la moto est meilleure et le bond fructueux.

Cette victoire de la jeunesse renforce l’idée que le sport mécanique français traverse actuellement une passe savoureuse. Loeb, un temps abandonné de ses compatriotes, partagera donc les honneurs de la presse avec le nouveau prodige du deux roues. Livré à quelques caprices mécaniques et quelques maladresses excusées sur les circuits “huppés” de Formule 1, Sébastien Bourdais se doit de trouver un volant en 2009. Si l’avenir proche est encore incertain pour lui, 2008 restera bien l’année du renouveau tricolore sur les pistes et circuits internationaux.