
In Sports d'hiver on février 28, 2009 par Arnaud CAEL
En deux jours, l’Américain Bill Demong aura écrit deux grands paragraphes de sa carrière. Nous sommes aux Mondiaux de Combiné Nordique. Le soleil brille sur la station tchéque de Liberec. Le concours de saut par équipe va débuter d’un instant à l’autre. Les Etats-Unis, avec Lodwick et Demong en chefs de file, sont les favoris indiscutables de l’épreuve. Mais leur statut va basculer. En un rien. Le temps d’une étourderie. D’un instant de pression. C’est au tour de Demong de s’élancer après ses équipiers. Son objectif : placer les States sur les traces de la victoire en vue de l’épreuve de fond. Mais Demong n’est pas prêt. Il panique tout en haut du tremplin. Dossard oublié. Evaporé. Le palpit monte, grimpe, s’envole. Mais pas Demong. Il reste à quai. Bredouille, tout en haut du tremplin. Le temps est dépassé. Les Etats-Unis ne seront pas champions du monde pour une brindille. Un bout de tissu oublié à quelques centaines de mètres en contrebas. Demong redescend le moral dans les chaussettes. Il est temps de se changer. De boire peut-être pour oublier et de s’inspirer de la recette de son compatriote Bode Miller. L’Américain enlève sa combinaison, puis reste de marbre. Stupéfait comme ceux qui l’entourent. Son dossard est là. Sous sa combinaison. Ridicule épilogue d’une journée à couper au couteau.
Vingt-quatre heures plus tard. A 50m de la ligne, Demong est seul. Un dernier coup d’oeil dans le rétro et l’Américain peut fiérement serrer les poings en signe de succès, la gueule enfarinée par l’effort, la salive de la repentance dégoulinante. Il remporte le titre individuel et laisse le titre de champion du monde du ridicule aux oubliettes. Une belle vengeance. Le sport, sa belle histoire et ses anecdotes croustillantes comme on les aiment …

In Sports d'hiver on février 24, 2009 par Arnaud CAEL
Infatigable, indétrônable et tout simplement imbattable … A 35 ans, Ole Einar Bjoerndalen vient de rafler quatre nouveaux titres de champion du monde. Sur la neige de Pyongchang en Corée du Sud, le vieux renard des pistes de fond a su une nouvelle fois marquer les esprits, sept ans après sa razzia d’or aux Jeux de Salt Lake City. En totalisant 86 victoires sur le circuit de la Coupe du monde, il peut définitivement enfiler la combinaison de plus grand biathlète de l’histoire.
Les poings serrés vers le ciel noir de Pyongchang, le regard crispé par l’effort, un filet de bave de souffrance bien en évidence, Ole Einar Bjoerndalen passe la ligne. Heureux. A 35 ans, le Norvégien vient de décrocher son 14e titre de champion du monde, le quatrième au cours de la semaine coréenne. Dans un relais héroïque, il a dévoré l’expérimenté autrichien Sumann dans le dernier tour de course pour offrir à son pays le titre du relais.
Et ce genre d’ultra-domination, Bjoerndalen en est fréquemment l’auteur. A Salt Lake City, en 2002, il écrase la concurrence emmenée par son ennemi de toujours Raphaël Poirée et ramène quatre médailles d’or en Norvège. L’année suivante, en Russie, il devient pour la première fois double champion du monde, remporte en 2005 dans le fief allemand d’Hochfilzen quatre nouvelles couronne mondiales, puis deux encore à Anterselva en 2007. Jusqu’à ce fameux sommet de Pyongchang, où il faut dire que l’on attendait davantage une prise de pouvoir de la jeunesse montante incarnée par Stephan ou encore Fourcade. Ajoutez à cela 5 globes de cristal et 87 victoires sur le circuit et vous aurez un aperçu d’une carrière totalement démesurée.
Mais a côté de ce monstre de succès, le Norvégien est avant-tout très humain, notamment dans ses rapports. Un trait de caractère apprécié de ses adversaires : « Je regarde beaucoup ce que fais Bjoerndalen, c’est un exemple pour moi ». Car pour le leader de l’équipe de France, Simon Fourcade, l’éternel scandinave représente comme pour tous ses adversaires un véritable mythe. Mais l’époux de Nathalie Santer, elle aussi biathlète, n’hésite pas à donner sa recette de la réussite : « En biathlon vous avez besoin de vitesse, de talent et d’un sens tactique à toute épreuve ». A Fourcade de s’en inspirer. Déjà Bjoerndalen se projette sur son avenir et prochain objectif, « les Jeux Olympiques de Vancouver en 2010, mais pourquoi pas ceux de Sotchi en 2014 ». Il aura alors 40 ans. Pas de quoi l’effrayer outre-mesure.

In Sports d'hiver on février 16, 2009 par Arnaud CAEL
La France peut-elle se satisfaire de ses trois médailles d’argent à Val d’Isère ? Non. A domicile, elle n’a pas réussi à “voler” un titre majeur comme l’ont fait dans un passé peu lointain les furtifs Dénériaz, Crétier ou Montillet. Cette fois, avec de solides favoris comme Grange, voire Lizeroux, la France pouvait espérer mieux. A domicile qui plus est. Mais la fête n’a donc pas été totale. Les bouteilles de champagne de la victoire son restées bouchées et le coq n’a pas hurlé au bon matin. Si Lizeroux et Marchand-Arvier ont quelque peu sauvé les meubles et les apparences avec leur argent, Grange a sombré, accablé par la pression, par la volonté de trop bien faire, dans un pays qui aurait pourtant pu lui pardonner facilement une simple médaille. Mais le champion en herbe est encore trop émotif et va devoir rapidement se gonfler les épaules s’il veut enfin décrocher le globe de cristal du slalom. Les performances de Lizeroux (deux médailles d’argent) restent une bonne chose certes, mais il ne faut pas oublier que ce dernier bénéficiait d’un avantage conséquent sur Grange : il profitait de l’ombre de celui que tout le monde attendait. Lizeroux, en surprise plus ou moins espérée mais pardonnée en vitesse en cas d’échec, a fait son boulot. Non, la seule et véritable consécration, révélation de ces Championnats côté tricolore reste Marie Marchand-Arvier, qui a effacé le fantôme qu’est devenue Ingrid Jacquemod pour s’emparer fermement des rênes de l’équipe nationale de vitesse, qu’elle devrait garder dans le futur. La jeune laxovienne a décroché LA médaille inespérée. Mais pour les titres on peut encore attendre. Vancouver certainement, si d’ici là Grange est véritablement entré dans le cercle des champions …

In Sports d'hiver on février 11, 2009 par Arnaud CAEL
Trop fétârde Lindsey Vonn ? La belle américaine de 24 ans a pourtant des circonstances atténuantes. Elle est jeune mais aussi et surtout fraîchement couronnée championne du monde du super-G et de la descente. De quoi faire pétiller vigoureusement, voire consommer une bouteille de champagne (ou à défaut, restons sportifs, une coupe) … en France qui plus est. Mais voilà : les rocs de l’alpin, au mental d’acier et au physique de plomb, ne sont pas à l’abri d’une sommaire mésaventure. La vaillante Lindsey, du haut de son mètre soixante-dix huit et de ses 68 kilos bien tassés, s’est ainsi éparpillée une bribe d’instant. Résultat : en tentant le périlleux exercice de sabrer le champagne avec un de ses skis, elle a du lâcher du lest et sacrifier un de ses membres. Son pouce. Blessée, puis opérée dans la foulée, l’ex-mademoiselle Kildow passera sa journée de jeudi sur le bord de la piste à défaut de jouer le triplé sur le géant. Et dire que cela s’est joué à une goutte près …

In Tennis on février 2, 2009 par Arnaud CAEL
Méritée. Ô combien méritée cette consécration pour Rafael Nadal. Les tournois passent, les doutes subsistent sur son intégrité physique, mais rien ne change. C’est devenu une espèce de syllogisme : Nadal s’inscrit à un tournoi, Federer y participe donc Nadal bat Federer en finale. L’Espagnol a réalisé son rêve hier. Il a gagné sur dur. Et il s’est vu gracieusement offrir le succès par sa victime préférée sur un plateau en argent. Dominé fréquemment dans l’échange, mis à mal par des opportunités de break, Rafa et son mental à toute épreuve a pris le pas sur celui défaillant de Roger. Il n’y a donc rien à faire pour le Suisse. L’ultra-motivation ne suffit définitivement pas et plus pour se débarasser de ce toro toujours plus loco. Hier, une page a vraiment été tournée et la théorie qui plébisciterait Nadal en futur plus grand joueur de tous les temps a pris davantage de corps. Mais avec un jeu en acier, un mental à toute épreuve, une humanité modèle et une modestie emblématique, Rafa mérite amplement tout ce qui lui arrive. Cette apothéose, encore susceptible d’évoluer rapidement, il ne l’a pa volée, il l’a tout simplement travaillée.