Archives pour mars 2009

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A “Ray”er de la carte

In Football on mars 28, 2009 par Arnaud CAEL

stade-du-rayChaque grande ville française assume ses tares. Paris son palais des sports Pierre de Coubertin en briques rouges mal lavées, Marseille ses annuaires pages jaunes au beau milieu de la voie publique et Lyon son tunnel de la Fourvière sans âme, vulgaire trou dans la roche et constamment bouchonné. Nice a son Ray. C’est peu et déjà beaucoup à la fois. Au milieu des palmiers, à quelques pas de la grande bleue, un stade de fortune. Tenu par quelques poutres d’acier qui n’aspirent en rien la confiance. Une usine d’extérieur, un entrepôt à première vue. A l’image bling-bling, sun and glasses, que l’on se construit à première vue de la cité, son stade n’est en rien aphrodisiaque. Il est un des derniers boutons d’acné sur un visage en bonne voie de guérison. Le maillot rouge et noir exhibe une âme, un véritable esprit autour de lui, c’est indéniable. Mais la vox-populi niçoise elle-même en a plus que marre. Cela ne peut plus durer. Coincé entre la 5e et 15e place de l’élite du foot, Nice ne demande qu’à briser cette damnée membrane qui l’empêche de figurer tout en haut. Cette membrane, c’est le Ray et le Grand Stade ne sera pas livré par FedExpress. 2013, c’est loin mais c’est aussi beaucoup de points gâchés. Le Racing club de Strasbourg estime abandonner cinq à six points par saison dans la bataille en raison de la vétusté de ses infrastructures. Le gouffre est donc aussi comptable.

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Van Impe répond aux barbares

In Cyclisme on mars 25, 2009 par Arnaud CAEL

large_343769“C’est pour mon fils que j’ai gagné aujourd’hui”. Dans les rues de Waregem, Kevin Van Impe se liquéfie sous le poids de l’émotion. En décrochant A travers les Flandres, il vient d’enchérir son palmarès d’une  ligne majeure. Mais le puissant neveu de Lucien (vainqueur du Tour 76), apporte aussi et surtout une belle réponse pleine de poigne  et de sens au caractère bien trop barbare de certains contrôles anti-dopage. C’était il y a tout juste un an. L’anecdote ne le quittera certainement jamais.

Dans la morosité du crématorium de Lochristi, en Belgique profonde, le jeune père de 26 ans adresse un dernier signe à son jeune fils décédé. En pleurs, Van Impe a rangé depuis quelques jours déjà le vélo au garage. Oubliés ses faits d’armes lors du Circuit Franco-Belge ou au Tour du Qatar. Mais en cyclisme plus qu’ailleurs, la patrouille n’est jamais bien loin. En pleine messe, au beau milieu de la terrible réalité de la vie, quelques hommes font irruption dans l’enceinte de recueillement, valises à la main. Kevin Van Impe veut croire à un cauchemar. “Monsieur, vous faîtes l’objet d’un contrôle anti-dopage”. Maintenant. Pas après. Maintenant, à quelques mètres du cercueil d’un fils prématurément disparu. L’histoire s’empare du peloton, qui, touché, retarde le départ de la 7e étape de Paris-Nice.  Un signe fort. Mais plus fort encore : aujourd’hui, A travers les Flandres, Van Impe a gagné pour son fils. Une vraie réponse sportive à la cruauté de l’homme.

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Quand le cerveau sue aussi …

In Général on mars 24, 2009 par Arnaud CAEL

00762904-photo-nagui-presente-tout-le-monde-veut-prendre-sa-place-sur-france-2Gardez vos muscles aux vestiaires un instant. Le sport cérébral n’en a point besoin. Préparez votre cerveau. Lui seul pourra vous sauver et vous sortir du casting de « Tout le monde veut prendre sa place ». Parce que les adeptes de sudoku, de mots fléchés, d’argumentation en tous genre ont eux aussi leur place bien ancrée dans le monde du sport. S’il n’y a qu’à bouger les doigts de la main, cela n’en reste pas moins épuisant.

Neuf heures quinze. Les derniers concurrents prennent place sur une chaise de fortune au fond de la salle. Discrétion de rigueur. Smoking, jeans, jupes, ados, fumeurs, mémés aux lunettes écaillées : les lignes du terrain de basket de l’espace sportif Jean Favre, dessinées au sol, ne serviront pas à grand chose ce mardi. « Préparez votre cerveau. Nous commençons le test de culture général. Vous avez sept minutes ». Les gouttes de sueur perlent déjà sur le front d’un cinquantenaire bien en chair. Son voisin, un jeune homme fringué dernière mode, tape frénétiquement des pieds, visiblement stressé par l’enjeu. Tous attendent et chacun à sa manière, le feu vert du starter. « Vous pouvez retournez vos feuilles ». Chaque seconde compte, le sprint mental est lancé. « Quel rôle joue Marcia Cross dans la série Desperate Housewives ? ». Une sexagénaire coince sur le sujet, susurre : « Qu’est ce que c’est que ce truc ? ». Chacun des cent trente candidats est dans son monde. Dans sa course contre la montre. « C’est terminé ». Au milieu des rangs, Joël épuisé, jette un oeil à sa montre. Dix heures. « Me faut une bonne clope maintenant ». Histoire de recharger au maximum les batteries avant la prestation orale. Alors qu’un nuage de fumée se forme au dehors, d’autres suivent les lignes de la zone de handball en faisant les cent pas. Nagui est dans toute les têtes. Certains commencent doucement à s’imaginer en tête à tête avec le présentateur vedette sur le plateau.
La loi du sport
Avant cela un exercice en apparence simple mais tellement décisif se présente à eux. Raconter sa vie en public. Sans pudeur. « Je fabrique des pots de yaourts chez Danone », « Je suis journaliste sportif à Nice Matin », «Cela fait tellement longtemps que je suis à la retraite que je ne sais plus ce que je faisais avant ». La petite salle de sport de la Turbie se transforme doucement en gigantesque confessionnal. Midi pile. L’heure du premier verdict. Une petite moitié des candidats sera conservée. Les autres pourront digérer prématurément leur défaite au stand ravitaillement. Quelques minutes plus tard, Joël se fait une raison. Il n’a pas été appelé et cherche les raisons de son échec : « Un manque de préparation évident ». Il ne verra pas Nagui. « C’est la loi du sport ». La salle se vide de ses perdants. « Il ne vous reste qu’un entretien pour passer à la télé. C’est maintenant que tout se joue ». Appel aux forces restantes, l’heure des anecdotes est arrivée. Les candidats défilent à nouveau devant le jury. « Ma mère m’a enfermé sur le balcon pendant un épisode de Candy », « J’ai été piqué par un scolopendre, une chenille amazonienne géante, près d’une piscine à Nancy », « J’ai éteins ma cafetière avec une lance à incendie ». Cartes sur table, chaque mot représente une attaque indirecte envers son voisin. Plus de pitié entre les concurrents. Une place à « Tout le monde veut prendre sa place » s’obtient à la sueur de son front et grâce à une tactique élaborée en conséquence. A treize heures trente, Arnaud sort, rassuré par sa prestation. Il lui faudra faire encore preuve de patience pour programmer un voyage à Paris. Autre vertu d’un bon sportif.

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Avé Maria

In Tennis on mars 17, 2009 par Arnaud CAEL

mariasharapovagh0Depuis août 2008, le spectre blond de Maria Sharapova hante le circuit féminin. A seulement 21 ans, l’ex-numéro une mondiale a tout de même effectué son retour lors du tournoi de double d’Indian Wells dimanche dernier. Un retour perdant mais « passionnant ». Reste que son véritable come-back est encore entouré d’un véritable point d’interrogation.

Le tennis sans Maria Sharapova c’est un peu comme un match de foot sans ballon ou un ballet sans danseuses. Sa jupe sexy, sa longue crinière blonde, son visage angélique et son cri proche de l’hystérie manquaient gravement au circuit féminin. Quatre mois d’absence, quatre mois interminables durant lesquels les puristes du tennis, de la mode et du corps féminin ont longuement prié pour le retour de leur idole. L’événement s’est tenu dans la nuit de dimanche à lundi. Quelque peu bouffie par son inactivité en compétition, mais toujours aussi classe et sculpturale, Maria Sharapova s’est présentée, grand sourire, sur un court perdu dans les travées d’Indian Wells. Accompagnée. Non pas de sa dernière conquête amoureuse en date, le chanteur Adam Levine, qui l’avait plaqué en raison d’une trop grande et paradoxale discrétion dans la vie « sous les draps », mais de la jeune et pétillante Elena Vesnina, partenaire de double d’un jour et déterminée à montrer aux côtés de son aîné que le tennis russe ne se résume pas aux deux initiales MS.

Sharapova reste Maria

Quelques mouvements d’épaules façon crawlée assortis d’une poignée d’exercices de souplesses et la Sibérienne de naissance assénait son premier ace du haut de ses 1m88. De l’autre côté du filet, Tatiana Poutchek et Ekatarina Makarova l’ont vite compris : Sharapova, même diminuée par une longue inactivité et une épaule encore incertaine, reste Sharapova. Une ex-numéro un mondiale en puissance, qui a connu le sommet en décrochant trois fois le Graal (Open d’Australie, Wimbledon et Us Open), au caractère bien trempé et au mental insubmersible.

Mais physiquement, sous la chaleur assommante de Californie, Sharapova n’y était pas. Pas encore tout du moins. Trop imprécise dans ses coups et vite dominée par l’intensité adverse, le double russe a lâché prise dans le super tie-break de la manche finale (10-7). Un retour rapide et furtif donc mais « passionnant » selon l’intéressée, qui a également laissé entendre après une conférence de presse plus prisée que jamais par les médias, qu’elle ne reviendrait pas non plus en simple lors du prochain tournoi de Miami. Et d’ici là, l’égérie du bon goût tennistique aura très certainement dégringolé au delà de la 30e place mondiale.

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Marseille rêve, puis s’écrase

In Basket on mars 15, 2009 par Arnaud CAEL

marseille-vue-du-ciel-id6Football par-ci, football par-là. A Marseille on ne vit sportivement que pour le Vélodrome, Zidane ou les mythiques apparats blanc-bleu ciel. Du foot, rien que du foot. Mais depuis les années 2000, la ville méditerranéenne souhaite se diversifier. Au vieux port, on commence à parler basket. Les projets ont rapidement fleuris. Sans le moindre résultat à ce jour.

Nous sommes quelque part entre la fin mai 2007 et le début du mois de juin. Et à Marseille on se prend déjà à rêver d’un classico d’un autre genre. Dans les gymnases de la ville du foot-roi, on parle vraiment basket. On parle raisonnablement basket tout du moins. ? Une petite finale du championnat à Bercy entre Paris et Marseille, ça aurait de la gueule ?, se lance David, un jeune phocéen, adepte des playgrounds du quartier de Prado, ? parce que y’en a marre de battre les Parisiens uniquement en street ?.

Enfin à Marseille, le basket, qui a eu les pieds en l’air avant même de les avoir eu à terre, pourrait donc raisonnablement exister au haut-niveau. L’idée est simple, sobre et paraît efficace. Elle émane d’un rapprochement de deux clubs phares de l’agglomération, l’Union La Ciotat-Aubagne (ULCA), qui vient d’accéder à la Nationale 2 et le SMUC (Stade marseillais université club), entité historique du sport marseillais qui évolue en Nationale 3. Objectif affiché de la nouvelle union baptisée USCA : atteindre d’ici trois ans la Nationale 1.

L’utopie d’un OM sauce barçelonaise

On est loin, très loin de l’OM Basket d’il y a quatre ans, où un rapprochement avec les partenaires du football était envisagé. On est loin de l’OM Basket d’il y a trois ans qui se voyait déjà atterrir en Pro A sans même gravir les échelons sportifs, avec ni plus ni moins qu’Alain Weisz comme coach emblématique de la ville, aux commandes d’une équipe au final restée utopiste. Vinrent aussi les bruits de couloirs sous entendant que le projet serait désireux de créer un grand club omnisports à la sauce espagnol, sur le modèle des Real et Barça. Aujourd’hui au fief de la bouillabaisse, on a appris a faire profil bas. Respect, humilité et surtout réalité. ? Il y a toujours deux raisons pour faire quelque chose : la bonne raison et la vraie raison ?, se prenait à écrire dans ses mémoires le sociologue Dale Carnegie. Cette fois, la vraie raison semble donc arrivée à bon port.
Seulement voilà, cela va faire deux ans que ce projet, à première vue réalisable, ne parvient pas à sortir la tête de l’eau. Submergé par une main invisible qui semble vouloir condamner la ville de Marseille à ne respirer que football. L’avenir d’un basket marseillais de haut niveau pourrait même être fortement concurrencé dans les prochaines années. Le rugby est en passe d’effectuer le hold-up du siècle. Un projet visant à créer un club en Fédérale 1 et à le faire monter rapidement en Top 14 est doucement en train de voir le jour. Mais à Marseille, les projets affluent. Trop rares sont les résultats et pendant ce temps, le football reste roi incontesté.

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Le château Forget s’est écroulé

In Tennis on mars 8, 2009 par Arnaud CAEL

OFRTP-TENNIS-DAVIS-FRANCE-20090307Patatra. Le ver de terre danse sa samba à Ostrava et Tsonga, lui, ne jouera pas. En quatre matches, dont trois complétement pitoyables, l’armada française s’est explosée face contre terre. Appelée à son triste sort d’équipe qui rêve, à son statut d’équipe talentueuse mais indéfectiblement mauvaise dans les moments importants. La faute à qui ? A un Simon, très loin de ce qu’il a accomplit l’an passé ? A un Gasquet qui mériterait quelques baffes après une telle prestation en double ? En tous cas, Forget paie le prix d’un capitanat qui a frisé le ridicule ces dernières années. Enfin et il est grand temps, le manitou, gâcheur par excellence de talents, s’en va. Pendant ce temps, l’Espagne et son Rafael Nadal assume pleinement son statut de favori. Sans fanfaronner outre mesure. C’est peut être ça la différence entre une grande équipe et des joueurs au talent prouvé mais aux cibouleaux plus gros qu’une pastèque. Nos excuses posthumes à Borotra, Lacoste et leur bande de mousquetaires. Les mousquetaires ce sont eux et personne d’autres.

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La double casquette et ses travers

In Basket on mars 4, 2009 par Arnaud CAEL

collet-comme-prevu_actusVincent Collet a été nommé coach de l’équipe de France de basket. C’est un fait. Mais derrière ce postulat se cachent de nombreuses interrogations. Dont la suivante : comment Collet pourra t-il porter la double casquette ? (ndlr : il est actuellement coach de l’ASVEL). Commençons par un petit historique. Epoque Bergeaud. Depuis 2003, l’ancien patron de Pau (3 titres de Champion), prend en main l’avenir de la tiède et mollassonne équipe de France de l’époque, qui vivait encore sous la bannière étoilée de son argent de Sydney. En quatre années de règne et quelques ruptures avec des joueurs de premier couteau (Julian entre autres), Bergeaud n’est nullement parvenu à transformer en or ce qui ne peut l’être, mais a tout de même décroché une jolie médaille de bronze sur la scène continentale. Seulement voilà, en 2005, Bergeaud prend les rênes de l’ASVEL (quelle similitude !). Le contrat de trop ? Année blanche pour la green team et aucun titre, ni infime fait d’arme qui soit pour les Bleus. Simple coïncidence ? Quoiqu’il en soit, le basket français, qui se recherche une identité depuis une petite décennie, va voir débarquer à son commandement de bord, un fin technicien, un homme de poigne, respecté, mais qui ne sera en aucun cas pleinement concerné par cette occupation essentielle. Une double casquette pas facile à porter en ces temps de crise absolue.