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Quand le cerveau sue aussi …

00762904-photo-nagui-presente-tout-le-monde-veut-prendre-sa-place-sur-france-2Gardez vos muscles aux vestiaires un instant. Le sport cérébral n’en a point besoin. Préparez votre cerveau. Lui seul pourra vous sauver et vous sortir du casting de « Tout le monde veut prendre sa place ». Parce que les adeptes de sudoku, de mots fléchés, d’argumentation en tous genre ont eux aussi leur place bien ancrée dans le monde du sport. S’il n’y a qu’à bouger les doigts de la main, cela n’en reste pas moins épuisant.

Neuf heures quinze. Les derniers concurrents prennent place sur une chaise de fortune au fond de la salle. Discrétion de rigueur. Smoking, jeans, jupes, ados, fumeurs, mémés aux lunettes écaillées : les lignes du terrain de basket de l’espace sportif Jean Favre, dessinées au sol, ne serviront pas à grand chose ce mardi. « Préparez votre cerveau. Nous commençons le test de culture général. Vous avez sept minutes ». Les gouttes de sueur perlent déjà sur le front d’un cinquantenaire bien en chair. Son voisin, un jeune homme fringué dernière mode, tape frénétiquement des pieds, visiblement stressé par l’enjeu. Tous attendent et chacun à sa manière, le feu vert du starter. « Vous pouvez retournez vos feuilles ». Chaque seconde compte, le sprint mental est lancé. « Quel rôle joue Marcia Cross dans la série Desperate Housewives ? ». Une sexagénaire coince sur le sujet, susurre : « Qu’est ce que c’est que ce truc ? ». Chacun des cent trente candidats est dans son monde. Dans sa course contre la montre. « C’est terminé ». Au milieu des rangs, Joël épuisé, jette un oeil à sa montre. Dix heures. « Me faut une bonne clope maintenant ». Histoire de recharger au maximum les batteries avant la prestation orale. Alors qu’un nuage de fumée se forme au dehors, d’autres suivent les lignes de la zone de handball en faisant les cent pas. Nagui est dans toute les têtes. Certains commencent doucement à s’imaginer en tête à tête avec le présentateur vedette sur le plateau.
La loi du sport
Avant cela un exercice en apparence simple mais tellement décisif se présente à eux. Raconter sa vie en public. Sans pudeur. « Je fabrique des pots de yaourts chez Danone », « Je suis journaliste sportif à Nice Matin », «Cela fait tellement longtemps que je suis à la retraite que je ne sais plus ce que je faisais avant ». La petite salle de sport de la Turbie se transforme doucement en gigantesque confessionnal. Midi pile. L’heure du premier verdict. Une petite moitié des candidats sera conservée. Les autres pourront digérer prématurément leur défaite au stand ravitaillement. Quelques minutes plus tard, Joël se fait une raison. Il n’a pas été appelé et cherche les raisons de son échec : « Un manque de préparation évident ». Il ne verra pas Nagui. « C’est la loi du sport ». La salle se vide de ses perdants. « Il ne vous reste qu’un entretien pour passer à la télé. C’est maintenant que tout se joue ». Appel aux forces restantes, l’heure des anecdotes est arrivée. Les candidats défilent à nouveau devant le jury. « Ma mère m’a enfermé sur le balcon pendant un épisode de Candy », « J’ai été piqué par un scolopendre, une chenille amazonienne géante, près d’une piscine à Nancy », « J’ai éteins ma cafetière avec une lance à incendie ». Cartes sur table, chaque mot représente une attaque indirecte envers son voisin. Plus de pitié entre les concurrents. Une place à « Tout le monde veut prendre sa place » s’obtient à la sueur de son front et grâce à une tactique élaborée en conséquence. A treize heures trente, Arnaud sort, rassuré par sa prestation. Il lui faudra faire encore preuve de patience pour programmer un voyage à Paris. Autre vertu d’un bon sportif.

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