Prier ne suffit plus
Les premières révélations du clan des dopés pékinois offre un message facilement déchiffrable: outre les produits exogènes à caractère dopants, la pratique de la compétition elle-même catapulte à la performance. Le cas Ramzi en est l’exemple même. Vice champion du monde en salle, sorti du néant en 2004, le Bahreïnien ne réapparait plus sur le tartan sept mois durant. Suffisant toutefois pour surgir de l’oubli et conquérir deux couronnes lors des Mondiaux d’Helsinki: 800m et 1500m. Deuxième rideau opaque, en attendant le prochain épisode. Et Ramzi réapparait dans la foulée de Lagat en 2007, mais ne peut contrecarrer les plans du plus kenyan des américains (double champion du monde sur 1500m et 5000m). Jusqu’à ce sacre olympique à Pékin, ultime épisode de retours permanents en grâce. Seulement, le chapître de la disgrâce vient de s’ouvrir ce mercredi 29 avril pour Ramzi. Un chapître en guise d’épilogue nécessaire pour comprendre qu’un véritable coureur de demi-fond doit se nourrir de compétition pour exister. Les apparitions ponctuelles à raison annuelle ne suffisent pas et auraient du déclencher plus en amont des suspicions (tout aussi fondées que pour d’autres exemples sportifs), sur ce coureur. L’ordre a été rétabli, Baala devrait récupérer le bronze de Pékin et la foulée du Perse, tout comme le guidon de Rebellin, évoluera désormais entre les pas motivés et régulés de la patrouille. Ramzi pourra toujours s’écrouler à la fin de ses courses futures, mais la symbolique de la prière ne suffira plus. Associer la religion au dopage ne figure pas dans le catalogue de la rédemption. La souffrance, le sacrifice, l’effort de la compétition, si. Malgré tout une série d’effort en accélération progressive, certains ne le comprendront jamais.
Irréductibles pour tous les fans d’Astérix, dévoreurs de galettes-saucisses à leurs heures mais surtout fiers de leur pointe de France, les Bretons, sevrés depuis des années en Championnat, ont enfin décidé de jouer la Coupe à fond. Sage remise en question. Payante qui plus est : Rennes, Vannes et Guingamp joueront au Stade de France. Placés depuis une décennie mais jamais détenteurs du billet gagnant , les Rennais ont cette fois joué le coup de la Coupe à fond. Quitte à troquer la cinquième place habituelle en Ligue 1 pour une septième tout aussi reluisante. Englués dans les bas-fonds de la Ligue 2 depuis … (nous ne marquerons pas la durée par respect), l’EA Guingamp s’est démultiplié pour refaire parler de lui comme au bon vieux temps. Celui d’une finale abandonnée à Nice en 97 aux tirs au but. Cette année encore, les pensionnaires du Roudourou devraient en toute logique subir la loi des efficaces rennais. Même chanson pour Vannes. Après tout une série d’exploits similaires, les morbihannais ne feront pas le poids face à un Bordeaux transformé enfin en machine de guerre. Tour de Bretagne fait, ne manque plus qu’à l’appel Lorient et Brest. Pas de pot : Rennes a disposé des premiers nommés pendant que Guingamp sabrait le cidre et dégustait le traditionnel far au four (gâteau breton) au bout des prolongations devant Brest en 16e. Mais comme aimait à le rappeler l’écrivain du 18e siècle Chamfort :
Cinquante secondes de reportage sur l’OM ont suffi à perturber mon cycle hormonal. Cinquante secondes de ridicule pour les acteurs, cinquante secondes de souffrance pour moi. Dans un bistrot du vieux port (cliché oblige), un homme, qui s’est fait quelques cheveux blancs ces dernières années parallélement aux résultats désastreux de son équipe, recouvre toutes les dispositions d’un Marseillais basique (je ne généralise pas). L’éxagération, le ton sournois et l’anticipation (souvent désastreuse) : “Je n’hésite pas à le dire, nous sommes déjà champions de France”. A Marseille, la Ligue 1 ne dure donc que 32 journées. Pas une mauvaise nouvelle en soi au vu du niveau affligeant de football développé par les 20 formations françaises. Mais restons dans le sujet. Un peu plus tard dans le reportage, un vieux pécheur, dont les propos se déchiffrent laborieusement entre ses dents manquantes, vante les qualités de la ville : “A Marseille, nous sommes les meilleurs en tout. C’est aussi simple que cela”. Après l’analyse de cette phrase riche en information, une révélation s’impose à moi. “Pourrais-je exercer un jour le métier de journaliste sportif, alors que dix secondes avant les propos de ce brave Monsieur, j’ignorais que les Marseillais étaient “les meilleurs en tout” ?”. Et contrairement à ce pêcheur (apparemment débarqué tout droit d’une île déserte sur laquelle il avait du s’échouer un certain temps), je ne connaissais pas l’équipe de rugby phocéenne qui a décroché haut la main le Bouclier de Brennus ces dernières années, ni même l’Olympique de Marseille basket-ball qui soulève depuis une décennie le pesant trophée de la LNB. Dommage pour moi. Ma formation sera donc plus longue que prévu. Et ne serait-ce que pour cela, je remercie activement les Marseillais pour leur précieuse aide.
Le duo Simon – Cornet n’est pas aussi niçois que les médias voudraient nous le faire croire. Si la belle Alizé s’est forgée un jeu, un caractère bien trempé sur la terre battue de Nice, Gilles Simon a rapidement changé de cap. Sa force mentale, «Gilou» l’a construite principalement en banlieue parisienne, puis à l’Insep de Poitiers.
Dans le cohu-bohu ambiant des couloirs de Monte-Carlo, Roger Federer navigue entre les flashes. Le Suisse est à l’heure. Réglé comme un coucou. “Pour une fois”, remarque un journaliste. 14h45 : Federer pose son jogging décontracté sur la chaise d’interview. Malice, second degré, périphrases … le numéro deux mondial use de toute une palette de fourberies. “Roger, vous vous êtes mariés dans une église ou civilement ?”. Revers gagnant : “Je me suis marié à Bâle”. Federer est en forme. En confiance. Vingt heures plus tard, sur le terrain, le géant aux 13 grands chelems tarde quelque peu à dérider la machine face à Seppi, puis laisse place au talent pur. A l’éclate totale, aux aces, aux revers long de ligne. Une heure vingt trois. Le Suisse salue la foule. A la César. Quitte la scène, suivi de près par Madame.
La gymnastique française a longtemps cherché un véritable successeur à l’éclair de performance apporté par Emilie Le Pennec et sa médaille d’or aux JO d’Athènes. Jusqu’à l’éclosion de Thomas Bouhail au saut de cheval à Pékin l’an passé. A 22 ans et une nouvelle médaille d’or continentale dans la poche depuis dimanche, il se tourne déjà vers les Mondiaux de Londres en fin d’année. Tout aussi motivé que décontracté.
Trois projectiles, quelques boîtes de conserve modèle Bonduelle. Trois essais, un objectif : tout renverser, tout chambouler. Aujourd’hui, en un seul essai franc et précis, la Formule 1 a éparpillé toutes ses conserves. En un grand prix et des poussières. Nouvelles écuries aux avant-postes, règles aussi franches que le langage politique, manipulations honteuses … La dernière en date est signée “LH”. Lewis de son prénom. Champion sur le bitume l’an passé, champion du mensonge cette saison. “Je n ‘ai pas laissé passer Trulli consciemment pendant que la safety car régulait le rythme”. L’Anglais l’a soutenu, hurlé à qui voulait l’entendre. Mais il va payer le prix de cet infecte trahison. Un mensonge toutefois dicté par le directeur sportif de Mac Laren Dave Ryan. “Lewis laisse passer Trulli”, martelait ainsi ce dernier via la radio au cours du 57e tour de course en Australie. Hamilton a exécuté. En bon pantin, en crédule consentant. Mais le voile est tombé. Lewis a rapidement changé sa position : “Je suis désolé. J’ai écouté les ordres. Je ne me suis jamais senti aussi mal de ma vie”. Dave Ryan en fait les frais. Suspendu, le dirigeant de MacLaren est devenu aujourd’hui une véritable boite de conserve de ce chamboule tout géant. Renversée au premier essai.