Il y a le concept du verre de trop. Celui qui pousse la plupart du temps à expulser un repas solide en version liquide. En tennis, il y aussi la théorie de la défaite de trop. Ana Ivanovic est humaine. La Serbe de charme a probablement déjà connu les frasques et les effets d’une cuite dans sa jeune existence. Mais aujourd’hui, la numéro sept mondiale est cuite au sens physique du terme. Depuis son poing rageur victorieux à Roland Garros 2008, c’est bien simple: plus rien ne marche. Troisième au tour à Wimbledon puis à l’Open d’Australie. L’ex-patronne du circuit regarde les places et les puissantes russes lui souffler les sommets. Sans réaction. Svazay, Kleybanova, Zvoranev n’ont eu aucune pitié, ni de révérence pour sa plastique hors du commun. Un éclair de génie à Linz en fin d’année passée laissait espérer que les calendriers accrochés dans les toilettes de la jeunesse masculine allaient prendre une autre dimension, de la valeur sportive. Cet après-midi encore, à Rome, Ivanovic s’est brutalement écroulée alors qu’elle maîtrisait sereinement Radwanska (4-0) dans le set final. Comme un alcoolique notoire peut se laisser prendre à une sieste improvisée sur le comptoir d’un PMU du coin. La comparaison peut paraître osée et déplacée. Mais à n’en point douter, cette sieste, qui s’est déjà transformée depuis un an en coma artificiel, devrait se poursuivre encore et encore. Jusqu’au jour au Ivanovic chaussera un peu moins ses jolis pieds de championne dans des talons Gucci, exhibera plus en sourdine sa plastique démentielle et posera gentiment sa coupe de champagne lors des soirées mondaines … Un jour peut être.


je ne te permets pas ! :p