A l’ombre de la tradition, la modernité. La “Caja Magica” de Madrid respire le neuf, incarne la nouvelle peau du tennis. Et selon Paul-Henri Mathieu, “on peut y faire des châteaux de sable”. Tout va bien donc. En apparence. Le tennis espagnol s’est réellement décidé pour créer une zone d’ombre au dessus du Court Philippe Chatrier. Roland-Garros est-il en danger ? Madrid peut elle chiper le statut de Grand Chelem à la mythique terre battue française ? Pour Analysport, il est temps de taper une fois pour toute du poing sur la table. La réponse est claire: Non.
C’est bien mou: Premier élément de réponse et première précision déjà cruciale: Roland abrite la meilleure terre battue au monde. A Madrid, cet élément à connotation historique a été quelque peu délaissé. A l’exception d’un court central réussi, les joueurs n’hésitent pas à monter au créneau pour dénoncer une terre bien trop molle . L’histoire de PHM et ses fameux châteaux de sable prend donc tout son sens. Pour concurrencer RG, un lifting rapide et qualitatif de la surface même est nécessaire.
Faux aficionados: Certes, RG est un grand chelem. Certes, Madrid en est encore à la phase test. Il n’empêche. La ferveur attendue dans les tribunes madrilènes, n’est pas à la hauteur des espérances. Public absent des premiers tours, silence pesant même lorsque le taureau de Manacor est sur le court… A Madrid, Gustavo Kuerten n’aurait jamais pris la peine de dessiner un coeur sur la terre battue.
Le passé prime: Les courts de la Porte d’Auteuil portent en eux de vivaces souvenirs. Ceux d’un Noah héroïque un beau jour de juin 1983, ceux d’une Suzanne Lenglen sextuple lauréate … La légende est à Roland, dans ses vestiges, dans ses gradins marqués par le passé. A côté de cela, Madrid pue le neuf et le fric à plein nez. On ne détruit pas une légende, on l’enrichit.
Les défis de Roland: Pris à la gorge, RG est contraint d’évoluer avec son époque. Le central sera chouchouté, dédoublé et couvert. Le tout par une injection de 116 millions d’euros. Ne reste qu’à patienter pour le permis de construire. D’ici Roland-Garros sera encore en vie, c’est promis.

