Miraculé, envoyé pour prôner la résurrection, icône de la force de soi: Lance Armstrong 1999-2000. Impassible, froid, saillant: Lance Armstrong 2001-2005. Friable, bavard, abordable: Lance Armstrong 2009 premier trimestre. Parqué, isolé, défraichi: Lance Armstrong post-12e étape du Giro. L’Amérique vante son melting-pot, ses innombrables profils qui forment un tout. Et avec Armstrong, l’Amérique peut être fière. Elle tient son ambassadeur en la matière. Victime de la cruauté de ses adversaire, bien que toujours révérencée (cela va de soi), Armstrong est apparu dans les Dolomites en humain. En martyr aux yeux du grand public qui écarquille encore les yeux à chaque étape. L’image d’un Texan nouant les lacets d’un col à la vitesse du son est encore profondément ancrée dans les pupilles. Voir, sans surprise véritable, Armstong souffrir, cracher ses glaires en cycliste modèle relève presque du fantastique. Alors que ressentir d’autre que de la pitié? Même ses détracteurs en viendraient à verser quelques larmes en leur for intérieur. Même s’il se contente d’une respectable 13e place au général, une courte cure d’humanité ne fait jamais de mal. Mais comment expliquer ce comportement glacé, congelé envers les médias à l’issue de la 12e étape? Alors qu’il s’est appliqué un hiver durant à redorer sa photo écorchée, Armstrong goûte de nouveau au boycott. Bouche cousue aussitôt la ligne franchie. Le naturel reprend toujours le dessus. Cette transition actuelle laisse augurer un Tour de France où l’omerta et autres signes extérieurs accaparés de l’étiquette “pro” vont servir de couvercle à l’humain Armstrong en sommeil.


Dopé! Dopé! Dopé!