Du café plein les chemises
Un peu de loisir dans ce monde de sport. Analysport vous propose le deuxième volet de la trilogie “Tout le monde veut prendre sa place”. Après le casting voici trois mois, place aux coulisses de l’émission.
Deuxième épisode : Du café plein les chemises
“Il est 8h13. Un couple discute devant l’entrée de VSF. C’est bel et bien dans cet endroit aux allures de garage de banlieue que se tourne, sur un plateau “made in 21e siècle”, une des émissions les plus populaires du pays. L’attente est pénible, la chaleur étouffante. Le hall achève de cuire ses convives lorsque deux femmes déboulent de nulle part. “Mesdames, Messieurs, pour TLMVPSP veuillez nous suivre”. 8h35 : l’aventure commence dans un vestiaire de fortune. “Sortez vos affaires, on va voir comment vous allez vous habillez”. Arnaud propose sa chemise bleue azur : “Ouais, elle est plutôt bien, mais il ne faut pas d’autre couleur bleue sur le plateau”. Les trois hommes sont rapidement présentables et filent au maquillage. Didier manque son premier geste et renverse son café sur le bas de sa chemise rose. “Ca arrive souvent”, rassure un technicien. Plus le temps de tergiverser, chanegement d’apparat en hâte et hop au maquillage. Les cernes creusées s’effacent au doux frottement des pinceaux, Arnaud recouvre son apparence de jeune premier, pendant qu’Estelle s’installe sur le fauteuil comme si elle avait toujours vécu dans ce genre de pièce à miroirs éclairées par quelques ampoules de stars. Le maquillage se termine. Dans une petite pièce, à l’abri des regards, de l’effervescence matinale, les candidats patientent. Harangués à faire valoir leur naturel, voire à exagérer la détente et l’amusement. Le briefing est simple, entre une gorgée de coca et un croissant avalé, mais aussi efficace et ne manque jamais de produire son effet. Les vannes fusent, comme pour soulager un coeur devenu trop pesant. “Profitez-en ! Vous êtes là pour la première et la dernière fois”. Micro branché, chemise impeccable, Arnaud est paré à entrer dans l’arène. Mais le réalisateur l’interpelle : “Arnaud, il faudrait peut-être changer ta ceinture car on verra probablement le logo Vuitton à l’écran si tu défies le champion” – “Je vais me faire éliminer dès le premier tour, donc pas de risques”. 10h10, la problématique ceinture oubliée, les six candidats pénètrent sur le “tout nouveau plateau”. Le public, enflammé depuis une bonne demi-heure par le traditionnel chauffeur de salle, démarre au quart de tour. Trois répétitions de l’entrée, une explication du parcours à effectuer durant l’émission, Nagui entre trois minutes avant l’antenne, serre les mains le visage encore marqué par une nuit probablement courte et “Bonjour à tous ! Tout le monde veut prendre ….. sa place !”.
A suivre …
Le monstre de la pop a livré son ultime déhanché ce week-end. Que l’on aime ou pas, Michael Jackson est un mythe et le restera par delà le temps et les âges. Pour Jeannie Longo, c’est un peu la même chose. Que l’on aime ou pas, la “mamie” la plus performante de France restera à jamais dans le livre d’or des monuments du sport français. On m’avait demandé un jour, quelle personne pourrait prêter son effigie à un timbre. Jeannie Longo m’était apparu comme une sorte d’évidence. Elle incarnait une multitude de valeurs à mes yeux : la féminité, le charisme, la France qui gagne et l’intemporalité. Que l’on aime ou pas, Jeannie a une nouvelle fois ridiculisé la jeunesse arrogante jeudi dernier en écrasant le contre-la-montre de son coup de pédale quinquagénaire. Que l’on aime ou pas, Jeannie a décroché plus de titres nationaux que son propre âge (57 pour 50 ans). Que l’on aime ou pas, le sport français ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans son Atlas des temps moderne, Madame Jeannie Longo
Comme avant chaque tournoi du Grand Chelem, Analysport livre ses côtes et ses favoris. Aujourd’hui, place à Wimbledon avec un immense favori : Roger Federer. S’il s’écroule sur l’herbe du court central dans 15 jours, le Suisse deviendra le seul joueur de l’Histoire à 15 victoires en GC. Emmenée par Murray, la concurrence est rude.
Ceux-là sont rares, recherchés par le bout de nos doigts. Ceux-là font déjà partie intégrante de l’Histoire du sport. Ceux-là sont encore en selle, au volant ou sur les courts. Chaque jour qui passe est un pas de plus dans la légende. Analysport vous propose une petite revue d’effectif des Champions des temps modernes.
Les questions se dessinent naturellement : le monde du foot est il donc complétement dingue ? Ronaldo vaut il vraiment le transfert le plus important de l’histoire ? Deux fois non. L’argent a débuté son processus de pourrissement du sport depuis longtemps. Pas d’étonnement donc. Le transfert de Zidane en 2000 avait davantage marqué les esprits. 94 millions aujourd’hui : la réalité, la routine presque. Une famille royale qui passe par là, un club de prestige qui recrute “100% prestige” à défaut de logique et le tour est joué. En trois jours, 63 millions pour Kaka, puis près de 100 millions pour l’égérie portugaise (qui le vaut bien en terme de plastique pour quelques millions de femmes). Mais en somme, des chiffres, rien que des chiffres à défaut de substance et de jeu. Dernier message à tous les élèves qui passent leur baccalauréat dans quelques jours et qui rêvent de toucher professionnelement au sport : méfiez vous de négliger les maths. Plus que jamais, le sport c’est des calculs, où les lettres de noblesses rouillent progressivement sous le déferlement des chiffres.
Le 8 juin n’enverra jamais son prédecesseur dans l’oubli. Il est 0h45, nous ne sommes plus dans ces 24 heures magiques mais je suis fier. Fier d’y avoir cru. Fier de l’avoir soutenu dans les grands moments comme dans les épreuves. Fier d’avoir essuyé les moqueries lorsque j’affirmais ou rêvais dans un coin de mon esprit qu’il allait gagner Roland-Garros au lendemain d’une défaite sans gloire au 3e tour du Rolex Masters face à Stanislas Wawrinka.
Gaël Monfils aura eu le mérite de réveiller deux jours durant le chauvinisme national, gentiment endormi depuis sa demi-finale l’an passé. Rien de plus. Son physique hors du commun et son peps entraînant n’ont pas été à la hauteur du génie de Federer. C’était prévisible. Depuis le début du tournoi, Monfils avait certes rudement impressionné sur son niveau de jeu, mais face à Reynolds, Crivoi, Melzer ou un Roddick hors de lui sur terre battue, ce n’était pas encore gage de sureté. Elevé au rang d’icône, victime d’une pression nationale légitime, l’ex-Monsieur Cibulkova n’a aujourd’hui pas encore les épaules pour supporter les charges d’un potentiel vainqueur de Grand Chelem. A 22 ans, il va sérieusement falloir se dégonfler la tête, laisser de côté les écouteurs en conférence de presse, nourrir musculairement un corps encore trop fragile et se rapprocher d’une certaine régularité en match de gala. Mais à l’heure de dresser le bilan tricolore de l’édition 2009, une chose est certaine : si un Français se décidait enfin à succéder à Noah Porte d’Auteuil dans la décennie à venir, Monfils serait de loin le candidat idéal.
Il n’y a pas à tergiverser milles nuits sur la défaite de Rafael Nadal. C’est un signe d’humanité. Un signe qui ne trompe pas. Les plus grands sont faits de veines et de chair. Devant l’ambition et la confiance aveugle de Soderling, Nadal a baissé pavillon pour la première fois de sa jeune carrière à Roland. Pas de quoi rougir. Le physique musclé et saillant du “toro” n’a pas franchi l’épreuve de la fatigue. Mais à la défaite, Nadal a confirmé d’autres valeurs bien plus fondamentales. Le respect, l’humilité. Sobre dans la victoire, Rafa n’a pas flanché à l’exercice tout aussi délicat de la défaite. Et encore, l’Espagnol n’a pas mérité l’acharnement du public contre son combat, n’a pas reçu l’ovation qu’il aurait mérité … Mais le numéro un a su faire profil bas et respecter le désir d’un Roland-Garros totalement ligué contre sa personne. L’ocre désireuse d’un nouveau roi en ses terres n’a pas reconduit le CDD de son jeune empereur de génie. Nadal s’est tapit dans l’ombre, fêtera ses 23 ans dans l’obscurité, loin des joutes acharnées pour sa succesion. Le champion de la lumière sait aussi s’installer de son plein gré dans les oubliettes lorsque son tennis l’abandonne. Respectable.