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Balle au centre

In Général on août 17, 2009 by Arnaud CAEL

Même en vacances, Analysport ne chôme pas. L’occasion était trop belle pour dessiner les contours de ce que peut être le sport au Portugal. Un conseil : avant de lire ces quelques lignes, sortez une bonne canette bien fraîche de votre frigidaire.

eus%C3%A9bioAu sortir d’une petite grimpette dans le Vieux Lisbonne, lorsqu’il est bon de s’installer au coin d’une table ronde au détour d’une blonde bien mousseuse, des échanges prennent corps la plupart du temps. Et c’est le patron du bar qui règle la ligne éditoriale. Ce sera du foot et rien d’autre. “Pour être honnête, il y avait penalty. Zidane l’a mis. Pour moi il reste le plus grand milieu de tous les temps”. Trois ans déjà donc que Zidane anéantissait d’une frappe impitoyable les espoirs de dix millions de Portugais. Trois ans et pourtant. Ce France – Portugal, demi-finale de Coupe du monde, aride sur le jeu, sans fond, reste encore aujourd’hui le centre absolu d’une conversation sportive de base dans les troquets de la capitale. Le foot fait vivre son homme. Un insignifiant troisième tour préliminaire à la Ligue des champions s’invite sans problème à la une de la totalité des quotidiens. Sportifs ou non. Lorsque le Sporting Portugal revient de Twente avec le nul de la qualification dans la poche, ce ne sont pas moins que “Les bras de Dieu” qui s’ouvrent à la une du grand quotidien sportif national, A Bola. Et dans ces mêmes pages, quelques centaines d’articles plus loin, dans les bas-fonds du traitement médiatique, les basketteurs de l’équipe nationale tracent dans l’anonymat quasi-total les prémices de leur chemin vers le Championnat d’Europe. Au Portugal, on ne leur demande rien. Ou du moins des broutilles, plus sociales que sportives : porter haut les valeurs de la nation. La fierté en tête. Car ces quelques joueurs de balle, inconnus au bataillon (9 Portugais sur 10 ne sont pas capable de citer le nom d’un seul d’entre eux), comme les rugbymens ou les athlètes, ne peuvent lutter contre le Roi football incarné par Eusebio et Cristiano Ronaldo, adulé  de ce que l’on pourrait nommer “nouvelle génération”. Mais revenons dans ce bar lisboète où ce fameux Ronaldo n’est justement pas épargné par les anciens. Le patron agrippe fermement un magazine : “Quand il cessera d’apparaître en tête de cette merde peut être qu’il pourra commencer à jouer au football”. Mais d’ici là, on risque fort de parler encore et toujours Coupe du monde 2006 à Lisbonne.


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