C’est plus ou moins bien connu, “L’éléphant est le seul mammifère qui peut se masturber en gardant les mains libres”. Mais quand les mains souffrent d’un excès de liberté, une raquette n’est jamais de trop pour les occuper. Trêve d’introduction alambique, mais avouez que ces deux premières phrases sont à la hauteur de l’entreprise des Belges Hénin et Clijsters. Exagérées à première vue. Et pourtant. Pour la comparaison avec l’éléphant n’y voyez aucune allusion physique, Analysport ne se permettrait pas, mais allez chercher plutôt du côté de la connotation historique (respect, donc). Alors retours de trop, retours prévisibles ? L’Us Open a donné raison à Kim. En fait, il serait bête de se priver d’un gavage offert sur plateau en or de majeurs pour ces “deux grandes”. Le tennis féminin n’a jamais été aussi faible. On ne se passionne plus devant des retournements de situation improbables, du style 6-2 0-6 6-0. Les championnes vont se charger tout naturellement de remettre un peu d’ordre dans ce foutoire russo-adolescent. Qui de mieux que Clijsters et Henin pour se faire ? Analysport en fait déjà le pari : la courbe de réussite de Justine s’apparentra fortement à celle de Kim. Le règne belge est déjà tout acquis. De quoi pousser les Williams à plus de régularité et de motivation. Pour Safina, Ivanovic et autres, l’imposture a assez duré.
Archives pour septembre 2009

L’éléphant roi du cirque

Le pardon en questions
Pardonne à ton prochain. Milles excuses par avance au cercle clérical mais Analysport ne pardonne pas tout. Les basketteurs de l’équipe de France passent encore, pas Laure Manaudou. Qu’on lise et relise, « c’est peut être la meilleure nageuse de tous les temps », porte en soi une touche désespérante, loin de soulever le véritable problème. Et justement quel est-il ? Une retraite à 22 ans ne peut offrir une telle distinction. Des championnes du monde, olympique et d’Europe le sport en connaît par centaines. Des talents aussi. Mais un véritable champion ne porte pas en lui des failles mentales. Que dis-je ? Un gouffre. Manaudou avait (presque) tout pour réussir : le talent, la capacité à se transcender en compétition. Pas la « vrai » volonté. Celle de devenir simplement adulte. Pour cela on patientera volontiers. Avec le temps, la France se passera de sa championne éphémère (sauf peut être L’Equipe, probablement triste de tirer un trait sur des jeux de mots lamentables en Une, du genre L’or Manaudou, on vous épargnera le reste). Difficile donc de pardonner ce manque de caractère évident, gâchis incontestable. On tendra une main cependant à l’équipe de France de basket, qui pour la première fois de son histoire peut se targuer de circonstances atténuantes après une élimination prématurée en grande compétition. Que peut on lui reprocher concrètement ? De ne pas avoir pris la mesure d’une Espagne qui marche au Gasol ? D’être sortie en grande vainqueur sur le gong d’un duel face à la bête noire grecque ? D’une bataille contrôlée lors des repêchages ? Objectivement, difficile pour Parker et sa bande – comme les médias se sont visiblement épris à les nommer – de plaider coupable. Alors, vous vous en moquez certainement chers basketteurs, mais Analysport vous accorde son plus modeste pardon.

Le mur de Bâle s’est écroulé
Il était peut être le seul à croire vraiment en ses chances à 30-30 (4-5) dans le 4e set. Et c’est probablement là l’explication de son coup de force. A tenter d’évincer la pensée que l’on évolue face au plus grand joueur de tous les temps et qui plus est, sur son court fétiche, on finit par se surprendre soi-même. “J’étais presque résigné à me battre”, s’est un temps plaint Juan-Martin Del Potro. Mais se battre pour quoi ? Pour un premier titre de Grand Chelem. On en conviendra. Mais au delà de cette façade, Del Potro a bouleversé une large part de son histoire personnelle en érigeant de son coup droit à plat ultra-puissant, sa modeste miette dans l’Histoire du tennis. Premièrement, il a porté un uppercut direct à la carrière de Federer : fin de l’invincibilité record du Suisse à l’Us Open (40 victoires de suite) ; Bill Tilden et ses 6 Us Open consécutifs ne sera pas rejoint dans la légende ; enfin Federer ne deviendra pas le tout premier à détenir six succès sur deux Grand Chelems. Un casse d’un “gosse” de 20 ans et tout s’efface. Anecdote à part mais tellement révélatrice de la trempe du garçon : avec ce sacre, Del Potro a eu la sage idée de dominer son illustre aîné pour la toute première fois de sa jeune existence. Mais la morale de cette histoire vise bien davantage Roger Federer : Il faut sacrifier un de ses amis les plus chers pour conquérir le cœur d’un être qui vous ignore mais que vous rêvez d’apprivoiser. En d’autres termes : Un Roland-Garros coûte un Us Open.

On voudrait voir ça
On nous assomme, on nous immerge sous de la paperasse sans intérêt. La “bible” s’y met alors les apôtres suivent. Cela va faire bientôt une semaine que “L’Equipe” abruti son monde avec ses unes de pacotille made in équipe de France de foot : “Peut-on croire en eux ?” par-ci, “Ça ne vous rappelle rien ?” par-là. En bon Français raisonnés que nous sommes, inutile de préciser que le divorce avec la bande à Raymond est plus que déjà consommé. Le système ne vaut pas un clou, les rapports devenus anti-fraternels entre les joueurs et le sélectionneur (Henry assumera peut être dans les prochains jours), le jeu nous emmerde profondément. Et cette coupe du monde. Mérite t’on seulement d’y être en dominant dans les grandes largeurs la Lituanie 1 à 0 et les Iles Féroé sur le même score ? Le sondage de l’équipe.fr du matin : “L’équipe de France est elle surcotée ?”, n’a eu pour effet que de me pousser à fermer une fenêtre web plus rapidement que prévu. Sérieusement, si la France embarque pour Johannesburg en juin prochain, tant mieux, mais si le vol est reporté à 2014 on en jouera pas un drame. Sauf peut être pour les façonneurs de pensée. D’ici là, les lignes éditoriales auront peut être encore retourné leur veste.
