Il était peut être le seul à croire vraiment en ses chances à 30-30 (4-5) dans le 4e set. Et c’est probablement là l’explication de son coup de force. A tenter d’évincer la pensée que l’on évolue face au plus grand joueur de tous les temps et qui plus est, sur son court fétiche, on finit par se surprendre soi-même. “J’étais presque résigné à me battre”, s’est un temps plaint Juan-Martin Del Potro. Mais se battre pour quoi ? Pour un premier titre de Grand Chelem. On en conviendra. Mais au delà de cette façade, Del Potro a bouleversé une large part de son histoire personnelle en érigeant de son coup droit à plat ultra-puissant, sa modeste miette dans l’Histoire du tennis. Premièrement, il a porté un uppercut direct à la carrière de Federer : fin de l’invincibilité record du Suisse à l’Us Open (40 victoires de suite) ; Bill Tilden et ses 6 Us Open consécutifs ne sera pas rejoint dans la légende ; enfin Federer ne deviendra pas le tout premier à détenir six succès sur deux Grand Chelems. Un casse d’un “gosse” de 20 ans et tout s’efface. Anecdote à part mais tellement révélatrice de la trempe du garçon : avec ce sacre, Del Potro a eu la sage idée de dominer son illustre aîné pour la toute première fois de sa jeune existence. Mais la morale de cette histoire vise bien davantage Roger Federer : Il faut sacrifier un de ses amis les plus chers pour conquérir le cœur d’un être qui vous ignore mais que vous rêvez d’apprivoiser. En d’autres termes : Un Roland-Garros coûte un Us Open.

