L’équipe de France de football est plus forte que U2. Il a suffi de quelques heures, quelques files indigestes sur le parvis des Fnac de France et les 50 000 places de France-Eire ont trouvé preneur. Pour un concert au même endroit, Bono et sa troupe n’ont pas fait mieux question timing. Viens alors le tour du paradoxe. Cela fait déjà quelques semaines, des mois, voire des années, que le public français se vouait au désamour de son équipe nationale. Une véritable déprime traduite dans les faits par des résultats sans âmes, des comportements égoistes, qui ont tutoyé le “jemenfoutisme” des “champions” face à la foule, bien aidés par une communication alarmante du sélectionneur. Toutefois si l’alarme avait détecté la fumée et de fait rententie, le bâtiment n’a pas pour autant été évacué. Et voilà que les Bleus ne parviennent pas à se qualifier directement pour le Mondial. C’est donc le plus illogiquement possible que le public se charge de répondre présent pour les barrages. En deux temps, trois mouvements (une heure et des brouettes en vérité). Le Stade de France sera complet pour Gourcuff comme pour U2. A la simple différence que ces derniers le méritent vraiment.
Archives pour octobre 2009

Une tribune du mérite

Pour vous les femmes
Caractère de chien, tennis en perdition, retraite anticipée mais gueule d’ange, corps de rêve et sex-symbol avant tout. Safin s’en va et c’est le trombinoscope du circuit ATP qui en prend un sacré coup. L’homme plait à “toutes” les femmes, c’est une évidence et c’est tout à fait légitime. A une autre mesure, les spécialistes avaient pourtant vu en lui un potentiel numéro un mondial en puissance il y a de cela sept ans. Et lorsque le Russe offre une des plus belles partition de sa carrière en ramenant Federer les pieds sur terre en 2005 au terme d’une demi-finale épique en Australie, puis en s’offrant le titre sans sourciller devant Hewitt 48 heures plus tard, le doute n’existait plus. Safin serait un très grand. Quelques jets de raquettes, d’insultes à arbitre, d’exil vers le Tibet et grosses gueulantes plus tard, Marat va s’effacer après Bercy. Deux titres majeurs, au final riquiqui dans les poches, pourvus (ou entachés, c’est comme vous voulez) d’une panoplie de matches balancés à tout va. Mais si le tennis va perdre Safin, les femmes ‘oublieront pas Marat. Et celles qui ont eu la bonne idée d’enregistrer le numéro du beau gosse dans le répertoire, Pennetta la première, savent au fond d’elles mêmes que c’est là une bien belle occasion pour une partie de jambes en l’air. Pour ce genre de matches, Safin devrait être un peu plus disponible dorénavant.

Une forêt au septième
Une barrière automatique, sept étages plus haut, un couloir d’hôpital, une machine à café, quelques pas et c’est la rédaction de Canal + Sport, Sport +. A défaut d’être sur place, Analysport vous propose une petite visite écrite. Vous êtes désormais une souris dans une foret de cassettes.
C’est l’histoire de quelques armoires branlantes, d’un tsunami de bandes vidéos amassées dans les coins et recoins d’une centaine de mètres carrés. Et finalement c’est ça Canal + Sport, c’est ça Sport +. Du dessus, du dessous, des cassettes, des numéros de série perdus un peu partout : “Rangées, elles sont rangées”, souligne à décharge un journaliste. Rangées,oui. Comme la chambre d’un adolescent. On fourre tout, on retrouve tout. Une petite fouille sur le bureau de Lionel Buton (spécialiste des Sports US) pour s’apercevoir qu’un match NBA de 2003 n’est pas aussi loin que l’on pourrait croire. Une fameuse bande Escudé/Hewitt plus tard, au milieu des paperasses de Frédéric Viard et ce sont des souvenirs improbables qui se réveillent. Les souvenirs d’une Coupe Davis glanée voici 8 ans mais dont l’exploit d’Escudé, à défaut d’exister dans les mémoires, survit en une bande de 124 minutes, rangée sans hasard pourtant dans un coin de bureau. A défaut de cassettes, George Eddy préfère les posters. Dans son mètre carré, coincé dans un angle, la voix NBA de Canal laisse des lettres de fans, des cartes postales en plan, aux yeux de tous près de son ordinateur. Avec une affiche pour rappeler : “Toute conversation sur le badminton est interdite”. George a ses principes, Canal aussi. La désacralisation. A voir David Cozette dans la peau d’un agent Men in Black sur la porte de son bureau peut prêter au sourire, le calendrier de femmes nues made in Xavier Vaution laisse plus rêveur. Côté golf, pour se distinguer des autres et probablement pour faire la pub d’une discipline plus traditionnelle on préfère accrocher des dizaines d’accréditations sur une lampe de fortune. Les catcheurs, les boxeurs, les navigateurs au sens journalistique du terme ont aussi leurs petites habitudes. Parce que la genèse du sport à Canal c’est une forêt de cassettes, une machine à café quelques bureaux, huit cabines de speak et une touche de légèreté. Un badge, sept étages, quelques pas et vous pourrez vérifier ça.
