Jean-Martin du Poulain (et non de la Poutre) est de nouveau au galop. Le poignet en bois du farouche étalon argentin appartient aujourd’hui aux reliques. A Delray Beach, Del Potro, de son vrai nom, a signé un grand retour fort d’un physique presque parfait, d’une gestuelle aiguisée mais aussi et surtout d’un mental infaillible. Mesurons là l’exploit d’un come-back qui n’était pas gagné d’avance. En fait, tout a défilé à la vitesse d’un service de Karlovic. Septembre 2009 : Del Potro tombe Federer en finale de l’Us Open. Première levée majeure à tout juste 20 ans. Mais la jeune “torre de Tandil” est fragile. Robuste, inconsciente, courageuse… mais toujours en phase de conception. Del Potro s’affaisse quelques semaines plus tard. Pour un poignet. La route 66 l’attend pour 2010. Le 5e joueur au monde se perd dans les limbes de l’ATP pour se réincarner en wild card début 2011 sur le continent océanique. A Delray Beach, le friable Du Poulain est officiellement redevenu Del Potro. La terreur des géants. Le top 10 mondial n’est plus si loin et à Indian Wells, il y a tout à craindre de l’Argentin.