Le pardon en questions
Pardonne à ton prochain. Milles excuses par avance au cercle clérical mais Analysport ne pardonne pas tout. Les basketteurs de l’équipe de France passent encore, pas Laure Manaudou. Qu’on lise et relise, « c’est peut être la meilleure nageuse de tous les temps », porte en soi une touche désespérante, loin de soulever le véritable problème. Et justement quel est-il ? Une retraite à 22 ans ne peut offrir une telle distinction. Des championnes du monde, olympique et d’Europe le sport en connaît par centaines. Des talents aussi. Mais un véritable champion ne porte pas en lui des failles mentales. Que dis-je ? Un gouffre. Manaudou avait (presque) tout pour réussir : le talent, la capacité à se transcender en compétition. Pas la « vrai » volonté. Celle de devenir simplement adulte. Pour cela on patientera volontiers. Avec le temps, la France se passera de sa championne éphémère (sauf peut être L’Equipe, probablement triste de tirer un trait sur des jeux de mots lamentables en Une, du genre L’or Manaudou, on vous épargnera le reste). Difficile donc de pardonner ce manque de caractère évident, gâchis incontestable. On tendra une main cependant à l’équipe de France de basket, qui pour la première fois de son histoire peut se targuer de circonstances atténuantes après une élimination prématurée en grande compétition. Que peut on lui reprocher concrètement ? De ne pas avoir pris la mesure d’une Espagne qui marche au Gasol ? D’être sortie en grande vainqueur sur le gong d’un duel face à la bête noire grecque ? D’une bataille contrôlée lors des repêchages ? Objectivement, difficile pour Parker et sa bande – comme les médias se sont visiblement épris à les nommer – de plaider coupable. Alors, vous vous en moquez certainement chers basketteurs, mais Analysport vous accorde son plus modeste pardon.
L’ailier moscovite Ramunas Siskauskas peut se prendre la tête à deux mains pendant que la cravate de Zeljko Obradovic, coach athénien comblé, effectue déjà quelques tours d’honneur sur elle même. Buzzer, 73-71, le Pana matte le champion en titre et décroche un nouveau bail de mainmise sur l’Europe du basket. Mais au delà du succès grec, la recette “final four” a fait étincelle. Plus que jamais. Le concept “week-end quatre matches cruciaux pour un trophée” a fait fortune. A tous les niveaux : salle berlinoise comble, mais aussi et surtout pour et par le spectacle proposé. Un mode de mise en avant incomparable du haut niveau européen. Sur les quatre matches proposés depuis vendredi (demi-finales + finales de classement), trois se sont soldés par trois points d’écart ou moins. Intensité, dribbles maîtrisés, jeu aphrodisiaque, systèmes exécutés à la perfection… Une vitrine de rêve pour le basket continental censé émoustiller un temps durant le show outre-atlantique, tout aussi proche de son long épilogue. Ce sprint de fin de parcours (du combattant), ces derniers mètres lactiques d’une saison européenne éxigeante disparaîtront tôt ou tard au vu des muliplies torréfactions dont le basket européeen est victime ces dernière années. Une chose est certaine cependant, le concept est à son apogée. Loin de son mirage famélique de Pro A, où la finale en formule “un match” carillonne chaque année en guise de pénitence lorsque les équipes qui ont “fait” la saison se font voler la poule aux oeufs d’or devant un public majoritairement amateur et soumis au bon vouloir d’une LNB ridicule.
Football par-ci, football par-là. A Marseille on ne vit sportivement que pour le Vélodrome, Zidane ou les mythiques apparats blanc-bleu ciel. Du foot, rien que du foot. Mais depuis les années 2000, la ville méditerranéenne souhaite se diversifier. Au vieux port, on commence à parler basket. Les projets ont rapidement fleuris. Sans le moindre résultat à ce jour.
Vincent Collet a été nommé coach de l’équipe de France de basket. C’est un fait. Mais derrière ce postulat se cachent de nombreuses interrogations. Dont la suivante : comment Collet pourra t-il porter la double casquette ? (ndlr : il est actuellement coach de l’ASVEL). Commençons par un petit historique. Epoque Bergeaud. Depuis 2003, l’ancien patron de Pau (3 titres de Champion), prend en main l’avenir de la tiède et mollassonne équipe de France de l’époque, qui vivait encore sous la bannière étoilée de son argent de Sydney. En quatre années de règne et quelques ruptures avec des joueurs de premier couteau (Julian entre autres), Bergeaud n’est nullement parvenu à transformer en or ce qui ne peut l’être, mais a tout de même décroché une jolie médaille de bronze sur la scène continentale. Seulement voilà, en 2005, Bergeaud prend les rênes de l’ASVEL (quelle similitude !). Le contrat de trop ? Année blanche pour la green team et aucun titre, ni infime fait d’arme qui soit pour les Bleus. Simple coïncidence ? Quoiqu’il en soit, le basket français, qui se recherche une identité depuis une petite décennie, va voir débarquer à son commandement de bord, un fin technicien, un homme de poigne, respecté, mais qui ne sera en aucun cas pleinement concerné par cette occupation essentielle. Une double casquette pas facile à porter en ces temps de crise absolue.
“La NBA c’est bien mieux que la vieille Pro A”. Gare au prochain qui osera sortir cette simple phrase en ma présence. Car moi, le sport américain m’emmerde. La NBA, la NFL, la NHL et d’autres encore … tous dans le même sac. Ca pue encore plus le fric qu’en Europe, ça provoque l’ennui au possible et c’est encore un procédé qui placerait le sport US en référence absolue sans raison particulière. Un aveuglement pur et simple comme dans bien d’autres domaines socio-économiques.


