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Il était une fois Patrick Montel …

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

Luttes finales

Les Guenot ne savaient plus à quels saints se vouer. Plus de deux mois après leur coup d’éclat, l’extase olympique perdurait, au risque de bousculer leurs repères, de mettre en péril leurs plus solides fondations, bâties patiemment dans l’ombre des terroirs. Passait encore pour Steve le cadet, orpailleur en chef à Pékin, qui s’abritait comme toujours derrière la carrure rassurante de son grand frère. Mais Christophe, l’aîné monté en première ligne, faisait front courageusement. Il était la cible des sollicitations les plus diverses, les plus farfelues de la France futile. Plus une rencontre sportive, plus une soirée de gala, plus une émission tendance, sans que l’on y conviât les deux frangins, que l’on se fasse tirer le portrait en si gaillarde compagnie. Deux bonnes bouilles bien de chez nous, deux petits gars dont la réussite brutale faisaient rêver tous les parents déboussolés des cités. La lutte à l’honneur exhalait des réminiscences enfouies au plus profond de notre imaginaire campagnard. De la sueur érigée en valeur étalon en ces périodes troublées. Oreilles rouges grignotées par les intempéries et les travaux de labours. Torses puissants et mollets saillants, solidement plantés dans la terre de l’enfance, celle que l’on ne trahissait jamais, même après le trépas. Les Guenot offraient à la « peoplitude » frivole, un dérivatif subtil, une récréation sépia. Christophe, un bras en écharpe, regrettait presque le temps béni de l’insouciance, lorsque flanqué de Steve, il débarquait à Paris dans l’anonymat des gares, pour chercher fortune. Fraîchement opéré, le médaillé de bronze, en avait soupé de toutes ces agapes factices. En attendant de s’étourdir sur les tapis à l’entraînement, il renouait avec la vraie vie, retrouvait son boulot à la RATP. Sur son visage lisse et triste, on pouvait encore lire les stigmates du blues post olympique, du rêve qui s’estompait. Il jurait qu’il ne regretterait rien le jour où les médias se lasseraient de son sourire trop franc, de son costume mal coupé. A l’entendre ses parents lui avaient légué le bon sens, cette assurance tous risques qui le mettait à l’abri des profiteurs et des escrocs. La France “bling bling” et boulimique consumait ses champions sans jamais s’interroger sur leur devenir.

Jo Wilfried Tsonga planait sur Bercy et Obama était donné favori pour les présidentielles américaines. Dans la foulée, 80 % des français n’excluaient pas de porter à la présidence de la république le jour venu un candidat noir. Ils n’étaient plus que 70% pour adouber un asiatique et 58% seulement un candidat originaire du maghreb. D’oser seulement poser la question, d’établir ces distinguos procédait d’un racisme larvé, insupportable et ordinaire. Que devenait Wenceslas Dabaya, notre haltérophile à la peau d’ébène médaillé d’argent à Pékin ? Qui se préoccupait de l’avenir de l’ancien sans papiers fuyant la misère au Cameroun ? L’exploit sportif par nature éphémère portait en lui ses propres limites. On acclamait les champions pourvus qu’ils sachent, les néons refroidis, rester à leur place. Zizou ballon d’or d’accord, hommes d’affaires avisé pourquoi pas ? Mais un jour président ! Balivernes !

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Le plus triste des hymnes brésiliens

Felipe, le visage fermé, regard baissé ne peut empêcher ses larmes de couler. En grandissime champion, il écoute le plus triste hymne brésilien de l’histoire du sport. Celui qui pour quelques secondes aurait pu le couronner. Felipe a fait le boulot, Vettel l’a bien aidé en passant Hamilton dans l’avant dernier tour … mais il y avait un judas. Timo Glock. Pourtant le jeune allemand possédait 10 secondes d’avance à 3 minutes de l’arrivée sur Lewis Hamilton. Dans le dernier virage d’une longue saison riche en émotions, il craque … Hamilton passe alors que le stand Ferrari est déjà en ébullition. Quinze secondes de fête intense … avant le noir. A l’instant même où la pluie commençait à s’abattre derrière ma vitre, à 20 heures à Nice, Felipe Massa écoutait son hymne national. Le titre venait de lui échapper. Pour un virage, Ayrton Senna n’a toujours pas de successeur …

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Il était une fois Patrick Montel …

Chaque lundi, retrouvez les récits de notre nouveau consultant, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions, dans “Il était une fois Patrick Montel …”

J’ai un souvenir très violent de la nudité des vaches

Du foot du foot encore du foot !! A tous les étages du PAF, accommodé à toutes les sauces. En ces périodes de crises spéculatives aigues, les supporters épargnants n’avaient plus que la semaine européenne pour oublier l’espace d’un match, la volatilité de leurs économies emportées par l’irrépressible dérive du CAC. Pas de soirées télé cette semaine sans un voyage immobile en ballon. En plus du coffret luxueux de la ligue des champions, la télé démultipliée par la TNT, piochait complaisamment dans le catalogue de l’UEFA, réservait ses prime time à des rencontres improbables, conviait les accrocs de la baballe à des joutes exotiques contre Tel Aviv, Twente, Motherwell ou Kayseri. De quoi entre deux pubs, accaparer le temps de cerveau disponible des « Accrocs-foot de moins de 50 ans ».

Les plus malades enchaîneraient ensuite avec le championnat d’Argentine histoire de patienter jusqu’à vendredi, jour de ligue 2, prélude à un week end intense où le téléspectateur gavé comme un canard, s’infuserait la quintessence des championnats européens, jusqu’à demander grâce. Et si d’aventure le patient atteint d’une pathologie sévère en réclamait encore, un simple coup de fil à Orange lui permettrait de ne rien rater du derby chti et chic entre Lille et VA. Inutile d’évoquer l’overdose de football toutefois. Médiamat était formel. Le bonheur des programmateurs était toujours dans le pré. Lyon, le champion inoxydable réalisait mardi sur TF1 un score digne des « Experts » lors de son épopée bavaroise retransmise en prime time. Plus de 27% de marché et 6 millions et demi de pupilles captives. Un poil mieux que l’OM lors de la venue de Liverpool. De quoi conforter le président Aulas un tantinet paranoïaque ces derniers temps ! Si le cours de l’action tendait à fléchir, si le projet de nouveau stade lanternait, l’OL n’était plus le fort en thème devant lequel les foules sentimentales se détournaient.

Le couple télé-foot n’était donc pas à la veille de divorcer. Il me semblait en revanche plus judicieux de s’attacher aux dommages collatéraux induits par une télévision qui consacrait exclusivement ses soirées au ballon business, aux séries américaines ou aux radios crochet « Poudre aux yeux ». Une enseignante de mes amies fraîchement mutée dans le 9-3 évoquait son impuissance à communiquer avec une jeunesse désemparée qui n’aspirait qu’à embrasser les carrières de footballeur professionnel ou de vedette de la Star’Ac .L’une de ses élèves, pour le moins atypique, qui aspirait à devenir chirurgienne avait été prestement remise au pas par ses camarades consternées par son manque d’ambition. Etourdi par les mirages et les fausses promesses, les salaires mirobolants et les paillettes, l’adolescence recluse semblait condamnée.

La réforme de la carte scolaire accentuait encore le désarroi de ces gamins qui en classe reproduisaient strictement le copier coller de leurs cités-guettos. Les médias sur l’ampleur du phénomène restaient d’une discrétion coupable, s’attardant seulement, de temps en temps sur un fait divers, sur le cas de ce gamin de 11 ans qui avait tabassé son institutrice, comme si ces débordements demeuraient exceptionnels. Mon amie évoquait sa lassitude infinie, l’impossibilité de faire cours, la démission de toute la chaîne éducative, des parents submergés par l’ampleur de la vague. Lundi tandis que Eurosport proposait un alléchant Clermont Strasbourg, Yasmina Benguigui sur Canal Plus, dans une démonstration implacable, revenait sur la genèse du 9-3, expliquait comment les politiques sans scrupules avaient transformé l’Est parisien un lieu de désespérance, pour n’offrir, comme perspectives d’avenir, aux gamins oubliés de l’immigration, que le seul miroir du deal, du prosélytisme et comme seul horizon qu’une succession de paraboles qui pendaient aux fenêtres. Ce documentaire réquisitoire, construit comme un constat froid, n’avait mobilisé que 450 000 personnes soit 2,3 % de parts de marché ! Une misère .Pendant ce temps, Jean Michel Aulas montait au créneau pour défendre Orange qui avait apporté dans la corbeille plus de 200 millions d’euros pour acquérir une partie des droits de retransmission de la ligue 1 et n’intéressait pour l’heure qu’une poignée de drogués du ballon. Il fallait, à l’en croire, juste s’armer de patience. L’impact économique du nouvel entrant était colossal, sa capacité à hypnotiser les foules infinie et le président lyonnais se défendait par avance d’avoir la peau d’orange, offrant en même temps aux caméras partenaires son plus beau sourire, son profil soigné, vierge de capitons.

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Julien Absalon : “La tendance s’est inversée”

A quelques jours de son départ à Pékin, Julien Absalon se sent prêt à défendre sa couronne et révèle en exclusivité son forfait pour le Tour de France VTT dont le départ sera donné demain dans ses Vosges natales.

Julien, vous venez d’enchaîner deux belles victoires consécutives au Canada et de fait, quasiment de remporter la Coupe du Monde. On vous a senti vraiment très facile…
“Les manches de Coupe du Monde ne sont jamais vraiment faciles. En plus, ces deux parcours étaient exigeants. Mais il vrai que tout s’est passé à merveille. J’ai pris un bon départ, je suis parti très tôt et ainsi pu éviter tous risques de chute. Je me sens très bien depuis quelques semaines et je monte en puissance depuis la manche de Coupe de France des Orres.”
Vous avez prévu de disputer les deux premières étapes du Tour de France VTT cette semaine à Vittel ?
“Non, finalement, je ne m’y rendrai pas. Avec Gérard, nous avons effectué un véritable changement de programme récemment. Du coup, je ne vais pas rester longtemps dans les Vosges et je vais partir dès demain en Côte d’Azur pour me préparer à la chaleur de Pékin.”
Après cet intermède sudiste, le grand départ pour Pékin va se profiler. Quel jour vous envolez-vous exactement et avec qui embarquez-vous ?
“Je prends l’avion pour la Chine le 17 août pour arriver sur place le lendemain. Je vais partir avec ma femme bien sûr, mais aussi avec la moitié du groupe France de VTT. L’autre moitié sera sur place dès le 13 août.”
Pourquoi un départ assez tardif alors que la course se déroulera le 23 août ?
“Je souhaite effectuer le plus gros de ma préparation en France. Pékin ce sera donc au dernier moment. Car il est difficile de rouler là-bas en raison de la forte pollution.”
A propos, vous nous aviez confié que vous n’étiez pas très à l’aise lors de la reconnaissance du parcours l’an passé à cause de la pollution. N’est ce pas là une appréhension supplémentaire ?
“Non, en partant du principe que ce sera pour tout le monde pareil. Je ne vais pas y penser pour le moment.”
Et justement ce parcours. Comment le jugez vous ?
“Je le trouvais très roulant lors de la reconnaissance. Mais suite à plusieurs réclamations, les organisateurs l’ont modifié. Ils ont rajouté des pierres, des virages et une montée supplémentaire. Du coup, il sera plus dur et plus technique. Cela ne jouera en aucun cas en ma défaveur.”
Une fois à Pékin, comment allez vous gérer les cinq jours qui vous conduiront jusqu’au jour J ?
“J’irai effectuer les derniers repérages. Justement, j’irai étudier ce parcours modifié. Je ne l’ai vu uniquement que sur des photos jusqu’à présent.”                 Concernant l’adversité qui vous sera proposée, comment vous jaugez-vous par rapport aux autres actuellement ?
“Très bien. La tendance s’est inversée entre Christoph Sauser et moi. Il y a quelques mois, il était sur un nuage et moi moins bien. Aujourd’hui, je suis de nouveau en grande forme et malheureusement lui est tombé récemment. Mais on remarque cette année que tous les cadors de la discipline ont vécu des moments plus ou moins difficiles.”
Outre Sauser, qui surveillerez vous particulièrement ?
“Hermida devrait être au rendez-vous. Il est un peu en retrait actuellement mais il ne faut pas l’oublier. C’est un parcours qui pourrait parfaitement lui convenir.”
Imaginons le proche avenir avec une nouvelle médaille d’or autour du cou. Quelles seraient alors vos perspectives post JO?
“Je ne veux pas penser à après. Je n’ai que l’objectif de l’or en tête. Mais je continuerais bien évidemment le VTT. J’ai prévu de me rendre à la finale de la Coupe du Monde pour assurer ma victoire au général.”
Un échec rendrait à contrario votre saison plus terne…
“Non. J’ai gagné 5 manches de Coupe du Monde cette année. Je devrais gagner le général prochainement sauf pépin. Et je suis resté n°1 mondial. Mon seul échec concerne les Championnats du Monde, mais je préfère l’avoir connu à cette occasion et pas aux Jeux.”
Recueillis par Arnaud CAEL (paru dans La Liberté de l’Est )

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Carlos l’attendait

Un de plus. Maurice Garin et sa bicyclette de 50 kg commencent à se faire “vraiment” vieux. 105 ans après le moustachu bien portant, Carlos Sastre se porte (enfin!) au tout devant de la scène. Bien sûr que la victoire de l’Espagnol est des plus méritée. Son rictus célèbre imageait à la perfection jusque ici ses échecs. Placé, mais jamais gagnant. Deux fois second de la Vuelta, un podium sur le Tour. Rien de plus. Et à 33 ans, à l’âge où un certain Américain prenait la direction du coucher de soleil, Carlos lui a brillé. De milles feux, dans le mythique Alpe d’Huez. Là même, où l’on retiendra que le vaillant Ibérique a construit l’imposant édifice de son succès. Evans, le défenseur n’a qu’à bien se tenir. Jusqu’à preuve du contraire : le Tour est aujourd’hui réservé aux attaquants. Exemple supplémentaire après celui de Pereiro ou l’échapée miracle ou encore celui de Contador face à l’Everest aux pieds d’argile Rasmussen. Carlos entérine les tendances. Celles des attaquants récompensés donc. Mais aussi, celle de la domination des taureaux. Les Espagnols sont désormais maîtres de l’hexagone. Avec on l’espère, derrière ceci, aucun secret de fabrication maison … Tout laisse donc à penser que tôt ou tard, Carlos devait se parer de jaune. La maxime n’est pas fausse : la patience est bien une vertu.

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NBA : Play Offs : Western Conference

82 matchs, un classement de conférence … et aujourd’hui les play offs. La conférence Ouest, de loin et comme tous les ans, la plus intéressante a accouché comme espéré de quelques gros chocs. Pronos et raisons.

San Antonio Spurs – Phoenix Suns : 4-2 > Champions en titre les SPURS ont une expérience nettement supérieure que leurs adversaires du haut niveau. Opposition choc. De belles rencontres et bagarres en perspectives.

New Orleans Hornets – Dallas Mavericks : 2-4 > Saison en demi teinte pour Dallas mais qui pourra compter également sur une expérience plus forte que New Orleans à ce stade de la compétition. Et surtout Dallas devra effacer la défaite au 1er tour l’an dernier. Vengeur Mavs !

LA Lakers – Denver Nuggets : 4-1 > Les Lakers possèdent l’armada pour décrocher le titre. Avec la révélation Bynum ou l’arrivée de Gasol, Kobe Bryant peut rêver de décrocher un nouveau titre, quelques années après le fameux triplés. Attention aux dangers Iverson – Anthony qui peuvent changer la donne à eux seuls.

Utah Jazz – Houston Rockets : 3-4 > Très indécis. Utah a réalisé une saison pleine. Houston a empoché 22 victoires consécutives et marqué l’année. Matchs à spectacle à coup sûr ! Mac Grady risque de faire la différence au bon moment.

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